Dimanche 24 septembre 2017 - Memphis, Nashville

Aujourd'hui, c'est dimanche, jour de messe, ici comme partout ailleurs. Ca faisait un bout de temps que nous avions envie d'assister à une vraie messe gospel. Et puisque nous sommes à Memphis, nous choisissons le Full Gospel Tabernacle Church, l'église baptiste du pasteur Al Green. Al Green ? "Le" Al Green, celui de "Tired of Being Alone", "Let's Stay Together", "Take me to the River", etc ? Eh oui ! Avant de devenir pasteur, Al Green, né en 1946, s'est fait connaître dans les années 1970 par une série de tubes rhythm and blues, soul, gospel, etc. Il a même sa plaque au Rock'n Roll Hall of Fame de Cleveland.

Full Gospel Tabernacle, Memphis, TN
Full Gospel Tabernacle, Memphis, TN

L'église Full Gospel Tabernacle n'est qu'à 4 kilomètres de Graceland, mais une erreur de navigation nous fait faire un petit détour. Voilà ce qui arrive quand on ne veut pas faire confiance au GPS mais que c'est lui qui est dans le vrai. Nous arrivons quand même largement avant l'heure.

La petite histoire veut que chaque fois qu'il avait des travaux à faire sur son église, le pasteur Al Green repartait en tournée et payait les factures avec les bénéfices. Vrai, pas vrai ? Je n'ai pas trouvé d'informations ni dans un sens ni dans l'autre. Mais aux Etats-Unis, la foi n'est jamais très loin du commerce, et réciproquement.

Ecole du dimanche
Ecole du dimanche

L'entrée est libre. Bien qu'ici le pasteur soit une superstar, pas de service d'ordre, rien de spécial. On entre par une porte latérale, on est accueillis par une dame charmante, et ... c'est tout, nous voici dans l'église. Détail important vu la longueur des services, jusqu'à 2h30, il y a des toilettes.

Au moment où nous arrivons, c'est l'école du dimanche pour les plus jeunes, l'équivalent du cathéchisme pour les églises protestantes. Sans déranger, nous nous installons vers le fond. Nous ne sommes pas les seuls. Les quelques derniers rangs sont en grande partie occupés par les touristes. Les fidèles, les vrais, les locaux, s'installent, eux, plutôt aux premiers rangs. Pourquoi ? La congrégation a bien l'intention de rester jusqu'au bout, alors que les touristes profiteront d'une interruption pour s'éclipser discrètement, sans perturber le reste de la célébration.

L'école du dimanche est maintenant terminée. Pendant la pause avant le début de la célébration, les musiciens accordent leurs instruments et retouchent les réglages de la sono. Eh oui, il y a tout ce qu'il faut pour faire de la musique, et ça ne va pas tarder à servir.

Pour être honnête, il règne quand même un certain brouhaha dans cette église. Puis un assistant entre et le silence se fait comme par magie.

Le révérend Al Green
Le révérend Al Green

Le début est chanté, puis un assistant dit un court sermon. Bientôt, le pasteur Al Green entre, sous les applaudissements du public. Au début, il ne dit rien, il s'installe, assis sur son fauteuil réservé. Lorsqu'il prend la parole, le silence est ... religieux, forcément.

Dans la congrégation, les afro-américains dominent, mais il y a quand même pas mal de caucasiens. Impossible de confondre les visiteurs et les locaux, les tenues ne sont pas du tout les mêmes !

Les sermons du pasteur alternent avec les chants gospel. Soyons justes, c'est avant tout pour ça que nous sommes venus. Nous ne sommes guère pratiquants, mais nous n'aurions manqué ça pour rien au monde ! Ces chants, avec un groupe complet (guitare, basse, batterie, etc.) et 7 choristes, sont joyeux, rythmés et entraînants, on tape dans les mains, le public reprend les refrains en choeur. C'est exactement le gospel du Sud tel qu'on se l'imagine. Et bien que son pasteur ait été une célébrité, cette église n'est apparemment pas plus connue qu'une autre. Rien à voir avec certains pièges à touristes vus dans des catalogues d'agences de voyage, où les visiteurs sont 10 fois plus nombreux que les locaux et l'entrée payante. Là, nous sommes immergés dans une célébration parfaitement authentique dans une église de quartier.

La preuve, à l'entrée, on ne nous a absolument rien demandé, juste aimablement suggéré de faire une donation le moment venu. Nous étions de toute façon tout disposés à le faire.

Le révérend et les choeurs gospel
Le révérend et les choeurs gospel

Sur cette photo, le pasteur délivre son sermon. Les personnes assises derrière lui sont une partie des choristes, d'autres sont cachés derrière son imposante carrure. Effectivement, par rapport au Al Green filiforme des années 1970, il a pris une certaine ampleur. Au moment de notre visite en septembre 2017, il a 71 ans.

Bientôt, musique et chants reprennent. Le pasteur profite de l'intermède pour passer dans les rangs et serrer toutes les mains. Toutes ? Oui, absolument toutes, y compris la mienne ! Vous vous rendez compte ? Je n'ai pas serré la main de Dieu, juste celle d'Al Green, mais c'est presque la même chose !

Pendant cette interruption, un groupe d'une vingtaine de touristes en profite pour s'éclipser discrètement. Nous les suivons, tout aussi discrètement, pour ne pas déranger la suite  du service, à laquelle ne restent que les locaux. Nous aurions pu rester plus longtemps, mais nous avons de la route.

En effet, une assez longue étape sur l'interstate 40 nous attend, jusqu'à Nashville. Interstate 40 ? Oui, c'est celle dont nous connaissons déjà un long tronçon plus à l'ouest, en Arizona, parcouru en 2015 lors d'une sorte de pèlerinage sur la Route 66.

Broadway, Nashville
Broadway, Nashville

Dans le centre de Nashville, les parkings ne manquent pas. Nous choisissons celui du Country Music Hall of Fame, relativement près de ce que nous sommes venus voir, le musée Johnny Cash. Nous descendons Broadway (oui, comme à New York), tournons à droite dans la 3ème Avenue et nous y sommes.

Broadway à Nashville, c'est le lieu où se concentre une bonne partie de la vie nocturne : restaurants, bars et, bien entendu, innombrables endroits pour écouter de la musique. De la country ? Oui, évidemment, mais aussi, rock, blues, etc. Du moment que ça remue, c'est bon !

En ce milieu d'après-midi, l'endroit est encore à peu près calme. Il fait beau, il y a un peu de monde, mais on se croise sur les trottoirs sans se bousculer.

Johnny Cash Museum
Johnny Cash Museum

Le musée Johnny Cash occupe le rez-de-chaussée d'un petit immeuble en briques rouges en plein centre de Nashville, dont le premier étage héberge le musée Patsy Cline, une autre star de la country, décédée dans un accident d'avion en 1963. Il a ouvert en 2013 et célèbre logiquement la vie de l'artiste. On y trouve ses portraits, ses tenues de scènes, ses guitares, ses disques d'or, de platine et de tout un tas d'autres métaux précieux, ses instruments de musique, essentiellement des guitares, et suffisamment de présentations pour pouvoir raconter sa vie.

Et elle n'a pas été simple, sa vie. Né J. R. Cash (ses parents n'arrivant pas à se mettre d'accord sur des prénoms, ils se sont contentés d'initiales) le 26 février 1932 à Kingsland, Arkansas, de parents ouvriers agricoles dans des plantations de coton, il a grandi dans la pauvreté, travaillant lui-même dans les champs dès l'âge de 5 ans. Plus tard, devenu une star, il participera à de nombreux concerts de bienfaisance destinés à collecter des fonds pour venir en aide aux plus démunis.

A cette période difficile, son salut se trouve dans l'armée. Des ses 18 ans, il s'engage dans l'Armée de l'Air et, après ses classes, est affecté comme opérateur radio à la base de Landsberg, en Allemagne de l'Ouest. Une légende totalement invérifiable veut que ce soit lui qui, en mars 1953, ait déchiffré le tout premier message en morse annonçant la mort de Staline.

Ses premiers souvenirs musicaux proviennent de la radio qu'il écoutait tout gamin en travaillant, essentiellement du gospel. Ayant déménagé à Memphis avec sa jeune épouse Vivian, il travaille le jour comme vendeur d'appareils radio et, le soir, se produit en trio avec des musiciens locaux. Plus tard, ses premiers enregistrements pour Sun Records, la société d'édition de Sam Phillips, seront du gospel, puis du rockabilly, et enfin de la country.

Sa première guitare
Sa première guitare

A l'époque où Johnny Cash est signé par Sam Phillips, les priorités de l'éditeur sont Elvis Presley, puis Jerry Lee Lewis. Johnny Cash n'est que le numéro 3. Il ne deviendra la vedette de Sun Records qu'après de départ d'Elvis, puis de Jerry Lee.

A part quelques leçons informelles données par sa mère et un copain d'enfance, on ne trouve pas trace de cours de guitare ni de chant dans sa biographie. Musicalement, il était donc presque totalement audodidacte. Sa voix, à l'origine assez haut perchée, est devenue à la puberté cette superbe tonalité de baryton, reconnaissable entre toutes, qui l'accompagnera toute sa vie.

Johnny Cash
Johnny Cash

A une époque, comme nombre de rock-stars, Johnny Cash s'est mis à consommer alcool et drogues, principalement amphétamines et barbituriques, dans des proportions totalement déraisonnables. Ses addictions et son comportement débridé lui ont valu quelques arrestations et divers ennuis policiers et juridiques. Il n'a pourtant jamais fait de prison, ses incarcérations se limitant à quelques nuits de garde à vue. Cette période trouble lui a cependant valu une image de hors-la-loi romantique et indomptable. C'est sans doute en songeant à ce délinquant qu'il a bien failli devenir qu'il chantera plusieurs fois dans des prisons, notamment à Saint Quentin et à Folsom, en Californie. Il en sortira le célèbre hit "Folsom Prison Blues".

Tenue de scène
Tenue de scène

D'après une autre légende invérifiable, Johnny Cash a eu une révélation en 1968, retrouvant la foi baptiste de son enfance. Ceci ne l'empêcha en rien de poursuivre addictions et adultères multiples, culminant logiquement en divorce. Sa seconde épouse June Carter fera preuve d'une patience (on ne disait pas encore résilience) à toute épreuve, jusqu'à son décès en mai 2003. Usé par les addictions, la vie trépidante des tournées et l'absence de son  épouse bien-aimée, Johnny Cash ne lui survivra que quelques mois, décédant le 12 septembre 2003. Il laisse 5 enfants, 4 filles avec Vivian, dont Rosanne, et un fils, John, avec June. Rosanne et John sont eux-mêmes devenus des musiciens de talent.

Discographie
Discographie

De Johnny Cash, il nous reste évidemment de multiples enregistrements, dont de nombreux hits classés, principalement dans les charts country, et quelques cross-over, des titres classés dans plusieurs catégories : gospel et rock, ou country et rock, par exemple. Il nous reste aussi les copies du Johnny Cash Show, une émission que l'Homme en Noir a animée sur ABC de 1969 à 1971.

Au fait, pourquoi l'Homme en Noir ? Tout simplement parce la quasi-totalité de ses tenues de scènes étaient noires de la tête aux pieds. Plus sobre que ça, c'est difficile ! La chanson "Man in Black" donne quelques clés : c'est par solidarité avec les pauvres, les prisonniers, les illettrés, les malades, et tous ceux que la vie n'a pas spécialement gâtés qu'il a choisi des tenues très simples, à l'opposé des costumes très colorés des rock-stars des années 1970.

En conclusion, il chante dans Man in Black :

J'aimerais porter chaque jour un arc-en-ciel
Et dire au monde que tout est lait et miel
Mais j'essaye de prendre sur moi un peu de ce désespoir
Jusqu'à ce que les choses aillent mieux, je reste l'Homme en Noir

Parmi ses nombreuses récompenses, dont un nombre incalculable de disques d'or, de platine et de diamant, notons qu'il est un des seuls artistes à être nommé dans trois Hall of Fame différents : gospel, rock'n roll et country.

Million Dollar Quartet
Million Dollar Quartet

Bien entendu, la visite du musée serait incomplète sans une solide référence à cette emblématique image des quatre stars de Sun Records enregistrant ensemble. Nous l'avons déjà vue hier au studio Sun à Memphis. En voici l'histoire, et reconnaissons que le hasard, encore lui, a extrêmement bien fait les choses.

Dans la soirée du 4 décembre 1956, Carl Perkins est en studio chez Sun Records à Memphis et, après le succès de Blue Suede Shoes, enregistre de nouveaux titres, avec ses deux frères en guise de section rythmique. Pour enrichir le son, à la demande de Sam Phillips, Jerry Lee Lewis, alors encore totalement inconnu en-dehors de Memphis, accompagne le trio au piano. Johnny Cash est également présent dans le studio, mais n'enregistre pas. A ce moment-là, Elvis a déjà quitté Sun pour RCA mais, étant resté en bons termes avec Sam Phillips, passe dire bonsoir à son ancien patron.

Personne ne saura jamais pourquoi ces quatre-là se mettent spontanément à jouer ensemble, sans répétition préalable. Flairant l'aubaine possible, le toujours très opportuniste Sam Phillips laisse tourner les magnétophones, et c'est lui qui communique à la presse la soi-disant existence d'un "Million Dollar Quartet" devenu mythique de par le simple fait que, pendant de longues années, tout le monde en a parlé sans jamais l'entendre. Bien après la vente de Sun Records, les bandes seront redécouvertes puis publiées sous ce titre au début des années 1980. La qualité technique n'est pas au rendez-vous. En effet, il ne s'agit pas d'enregistrements professionnels destinés à être édités mais, de l'aveu même des témoins, d'un groupe de copains laissant libre cours à leur joie de jouer de la musique tous ensemble.

De gauche à droite, on reconnait Jerry Lee Lewis, Carl Perkins, Elvis assis au piano et Johnny Cash.

Piano de Johnny Cash
Piano de Johnny Cash

La musique faisait partie du quotidien de la famille Cash. Le jeune Johnny a appris, si l'on peut dire, la musique avec sa mère. Ce qu'une éducation musicale formelle ne lui a pas donné, une oreille très au-dessus de la moyenne et, disons-le franchement, un don certain, l'ont très largement compensé. Sans être un virtuose, Johnny Cash se débrouillait honnêtement à la guitare. Quant au chant, ses années d'enfance passées dans les champs de coton à pousser la chansonnette avec les autres ouvriers, ainsi que les dimanches à l'église locale, ont largement formé sa voix, cette voix de baryton reconnaissable entre toutes.

La famille de Johnny Cash étant très pauvre, il y avait peu de chance qu'ils possèdent un piano. Il appartenait pourtant à ses grands-parents paternels, qui l'avaient acheté sur un catalogue de vente par correspondance et l'avaient payé par mensualités. Johnny Cash l'a racheté en 1967, pour meubler la maison qu'il venait d'acheter à Nashville, Tennessee. Toute sa vie, c'est resté à ses yeux un de ses biens les plus précieux.

En effectuant les recherches pour cet article, je n'ai trouvé aucune référence à Johnny Cash jouant autre chose que de la guitare.

Les Highwaymen
Les Highwaymen

Dans les années 1980, bien que toujours populaire auprès de ses fans lors de ses concerts à guichets fermés, sa carrière discographique connaissait une période bien creuse. Il en a profité pour enregistrer trois albums avec Waylon Jennings, Willie Nelson et Kris Kristofferson sous le nom de The Highwaymen. Le nom du quatuor est une référence romantique, si l'on peut dire, à l'histoire pas toujours glorieuse ni tranquille de l'Amérique : les Highwaymen, c'étaient ces hommes qui écumaient, seuls ou en bande, les routes du pays à la recherche de proies naïves et faciles. C'étaient aussi, disons-le franchement, des bandits de grand chemin. C'est enfin une référence aux autoroutes, qui permettent d'aller facilement et rapidement d'un concert à un autre.

On ne peut pas parler de Johnny Cash sans parler de son activisme sans relâche dès les années 1960 pour les Natifs, les Indiens, les premiers habitants de l'Amérique. Prenant ouvertement fait et cause pour eux, ils les mentionnait dans ses chansons, défendait leur cause publiquement dès qu'il en avait l'occasion, n'hésitant pas à entrer en conflit ouvert avec les stations de radio qui refusaient de passer les disques des artistes Natifs. Sur l'album "Bitter Tears : Ballads of the American Indian", il a tenu à ce que le premier single soit "The Ballad of Ira Hayes", un hommage à l'un des 6 soldats ayant dressé le drapeau américain à Iwo Jima en 1945, dont personne n'avait remarqué qu'il s'agissait d'un Natif.

Les relations de Johnny Cash avec l'industrie musicale, éditeurs, gérants de station de radio, agents, critiques, etc., ont toujours été assez complexes, du fait de la personnalité de l'artiste, qui ne s'embarrassait ni de compromis ni de nuances. Il a notamment claqué la porte de Columbia après près de 30 ans de contrat, parce qu'il ne se sentait pas traité selon ses mérites. Dans son autobiographie "Cash : The Autobiography", il écrit que dans les années 1980, il était invisible.

AT&T "Batman" Building, Nashville
AT&T "Batman" Building, Nashville

Après la visite du musée Johnny Cash, nous terminons l'après-midi par une promenade dans le centre de Nashville. La tour de la photo est le AT&T Building, qui abrite les locaux du célèbre opérateur télécom. Vu sa forme pour le moins inhabituelle, les locaux ont eu vite fait de la surnommer "Batman Building".

Nashville à la verticale
Nashville à la verticale

En remontant vers notre parking, Marie s'essaye à capturer les reflets du ciel sur les immeubles tout de verre et d'acier du centre de Nashville.

Country Music Hall of Fame
Country Music Hall of Fame

Nous passons devant le Country Music Hall of Fame. Il se fait un peu tard pour une vraie visite, nous y reviendrons demain. Nous décidons de prendre le chemin de notre hôtel, à quelques kilomètres à l'est de la ville. Notre chambre n'est pas tout à fait prête, nous attendons un peu.

C'est à ce moment que la panique me saisit. Où est ma carte bancaire ? J'en ai évidemment besoin, et tout de suite, pour l'hôtel et pour plein d'autres choses ! Craignant de l'avoir perdue, je retourne au parking en centre ville, où je me livre à une recherche en règle .... Peine perdue, pas de carte. Je rentre à l'hôtel dépité. Pendant ce temps, Marie a pu prendre notre chambre. Un peu après, ayant repris mes esprits, je finis par retrouver ma carte dans son étui, coincée dans le fatras de câbles électriques sous le siège passager de la voiture. Plus de peur que de mal ! Moralité : en voyage, partez toujours avec plusieurs cartes, on ne sait jamais.

Nous reprenons la voiture pour aller dîner, et si possible écouter de la musique, sur Broadway. C'est un incontournable de Nashville. Nous trouvons un parking en plein centre ville.

La musique est partout
La musique est partout

Nous marchons un moment sur Broadway, cherchant moins un restaurant (il y en a des quantités !) que l'inspiration. Nous finissons par trouver un endroit qui nous plait, grillades, bière et rock'n roll à tout casser. Nous mangeons sur la mezzanine, probablement à l'endroit le plus bruyant de l'établissement, juste au-dessus d'un groupe qui joue aussi fort que bien du rock classique du Sud, Lynyrd Skynyrd, Marshall Tucker Band, etc. Entre deux titres, le chanteur ne trouve rien de mieux que d'enchaîner les tirades sur l'Amérique enfin rendue à elle-même, les étrangers dont on n'a aucun besoin, et d'autres thèmes très à la mode du moment, sous les applaudissements tonitruants d'un public tout acquis à sa cause. Il est vrai que nous sommes en septembre 2017, quelques mois après l'entrée en fonction d'un certain Président aux opinions pour le moins tranchées. Par prudence, je décide de ne pas révéler notre nationalité française.

Après manger, nous continuons à marcher un moment sur Broadway, à la recherche d'un bar country. A Nashville, ça ne devrait pas être bien difficile à trouver. Nous finissons la soirée au Margaritaville. En faisant les recherches pour cet article, j'apprendrai que l'endroit appartient à Jimmy Buffett, un chanteur country assez connu, qui n'a aucune autre relation avec l'investisseur Warren Buffett que leur nom de famille commun.

La bière ayant des conséquences physiologiques prévisibles, je me mets en quête des toilettes. Je les trouve dans le couloir, juste derrière l'escalier de la photo. Il n'y a probablement qu'à Nashville qu'on peut imaginer un escalier en forme de clavier de piano.

Soirée country
Soirée country

A Nashville, l'entrée des bars à musique est libre, seules les consommations sont payantes. Le duo de la photo n'est en fait rémunéré que par les quêtes périodiques dont le produit remplit le seau posé entre eux. Au moment où j'y dépose ma contribution, je constate qu'il est plutôt bien rempli. Apparemment, la soirée a été correcte pour eux. C'est bien, ils le méritent, pour leurs jolies mélodies country assez classiques et la voix de cristal de la demoiselle

En fait, c'est exactement ça, la soirée country que nous voulions passer à Nashville.

Les meilleurs choses ayant une fin, à un moment il nous faut bien rentrer. En récupérant notre voiture sur le parking, nous trouvons une contravention sous l'essuie-glace. En effet, nous avons dépassé le temps imparti de ... huit minutes, en tout et pour tout. A 44$, ce ne sont même pas les huit minutes les plus chères de ma vie, mais ... qu'est-ce que la loi peut être intransigeante, parfois ! Par contre, tout est fait pour régler l'amende facilement. Il y a l'adresse du site web de la police de Nashville. Même pour les contraventions, les Américains pensent avant tout pratique.