Jeudi 21 septembre 2017 - Le bayou, le village acadien

Aujourd'hui, nous avons deux visites au programme :

Nous nous levons donc de relativement bonne heure. Notre premier rendez-vous est à 9h30 à une cinquantaine de km de notre hôtel, et nous sommes déjà du bon côté, nous n'avons pas à retraverser Baton Rouge. C'est toujours ça de pris. En plus, c'est l'Interstate 10 directe. Mais nous avons quand même prévu un peu de marge, on ne sait jamais.

Louisiana Welcome Center
Louisiana Welcome Center

Nous arrivons effectivement un peu en avance au Louisiana Welcome Center, un petit musée d'histoire naturelle qui montre les écosystèmes de la région : flore, faune, etc. Ce sont des équilibres fragiles, toujours en grand danger, et qu'il convient de préserver à tout prix. D'ailleurs, une partie de la région est intégrée dans l'Atchafalaya Wildlife Refuge, une réserve naturelle. Ce n'est pas là que nous allons, mais nous allons longer la limite sud de la réserve.

Notre guide, Kim, ne tarde pas à arriver. Lui aussi a prévu un peu d'avance. Il a du matériel à préparer sur son bateau, ce qui nous laisse le temps de visiter le musée et d'attendre les deux autres participants de la sortie de ce matin.

Pendant que Kim prépare son matériel, je discute un peu avec son père, 87 ans, qui parle quelques mots de français. C'est que nous sommes dans une région rurale de Louisiane, où l'usage du français persiste un peu. Kim, lui, est purement anglophone. Dans la région, de nombreux noms de lieux-dits sont français.

Mise à l'eau
Mise à l'eau

Il est temps de mettre le bateau à l'eau. La rampe est située tout près du Louisiana Welcome Center et la manoeuvre est simple et rapide : reculer 4x4 et remorque sur la rampe jusqu'à ce que le bateau flotte, amarrer le bateau, avancer le 4x4 et la remorque trempée, monter à bord.

Notre excursion va nous faire traverser pendant une partie de la matinée les bayous du bassin d'Atchafalaya. Le nom Atchafalaya vient de la langue des amérindiens Choctaw et signifie "la longue rivière". Quant au mot bayou, il vient lui aussi de la langue Choctaw et signifie "petite rivière". Il désigne une étendue d'eau plus ou moins stagnante, aux contours mal définis, parfois marécageuse. Là où nous allons, l'eau n'est pas vraiment délimitée par des rivages, et la terre jamais vraiment ferme. Les deux se mélangent plus ou moins.

La photo est exacte, la rampe de mise à l'eau se situe bien entre les deux chaussées de l'Interstate 10, qui traverse tout le bassin d'Atchafalaya sur près de 30 km par un ensemble de viaducs surélevés d'une quinzaine de mètres, pour ne pas déranger la vie animale. Nous n'allons de toute façon pas nous éterniser sous cette autoroute.

Alligator
Alligator

Nous ne sommes pas partis depuis 5 minutes lorsque Kim nous fait signe. Son oeil exercé a repéré un alligator assez près de nous. Tout en restant à distance respectueuse pour ne pas déranger l'animal, il ralentit et nous pouvons prendre quelques photos.

Ce sera une constante chez Kim. Pendant toute l'excursion, il nous montrera de nombreux animaux, principalement des oiseaux, des plantes, des nids, des arbres, etc. Il est passionné par son environnement, qu'il traite avec un infini respect. Plusieurs fois, il s'arrêtera pour ramasser des débris flottants et les mettre dans le bateau. Nous comprenons rapidement que c'est un expert de cette région, qu'il connait par coeur. Heureusement, car les multiples embranchements du bayou se ressemblent tous, et il y a largement de quoi se perdre !

Bayou d'Atchafalaya
Bayou d'Atchafalaya

Kim alterne les canaux étroits et les endroits plus larges du bayou. Ici, les arbres ont nettement les pieds, ou plutôt les racines, dans l'eau. Apparemment, ça ne les empêche pas de pousser, et ils ont l'air de très bien s'accommoder de leur immersion partielle. Kim nous explique que le niveau du bayou varie en fonction des saisons (nous sommes pourtant fin septembre, le niveau devrait sans doute être un peu plus bas), des précipitations, des débordements de la rivière Atchafalaya toute proche, elle-même alimentée par le Mississippi, etc. L'eau du bayou a beau être en principe plutôt stagnante, le niveau varie de 2 bons mètres pendant l'année.

Nous sommes ici sur le lac Bigeaux (tiens, encore un nom à la consonnance française !), une partie un peu plus large du bassin.

Nous nous attendions à être dévorés par les moustiques et avions prévu des insecticides en conséquence. A notre grande surprise, non, rien ni personne ne vient se repaître de notre sang innocent. Tant mieux !

En fait, nous n'avons qu'à écouter les explications de Kim, regarder autour de nous en cherchant les oiseaux, prendre des photos et profiter d'un temps parfait. Nous avons vraiment bien choisi la période, fin septembre. il fait encore beau, mais ni trop chaud ni trop humide. Rien à ajouter ni à enlever.

Sous l'interstate 10
Sous l'interstate 10

Au bout de quelques minutes, nous retraversons l'Interstate 10 sous son viaduc absolument rectiligne. Kim arrête le bateau quelques instants et Marie peut prendre quelques photos assez spectaculaires de cette perspective qui, d'ici, semble infinie.

Le bruit de l'autoroute au-dessus de nos têtes n'est pas obsédant. Il est là, bien sûr, mais largement atténué par l'épaisse végétation qui nous entoure.

Kim me raconte une anecdote assez étonnante. Il y a quelque temps, des navigateurs sur le bayou ont retrouvé un bateau qui dérivait tout seul, sans personne à bord. Ils ont fini par retrouver son propriétaire, décédé, le long d'une des piles du viaduc. Il est possible que cette personne se soit un peu trop penchée en-dehors de son bateau en naviguant à pleine vitesse et ait percuté de plein fouet la pile du pont. Une consommation d'alcool au-delà du raisonnable expliquerait l'accident. Mais nous sommes dans une région où les croyances vaudou et autres gardent une influence prépondérante, et les interprétations totalement fantaisistes de l'accident, qui du coup n'en était plus un, sont allées bon train. Chassez le surnaturel, il revient au galop !

Cabane dans le bayou
Cabane dans le bayou

Dans le bayou, chasse et pêche sont autorisées, à la seule condition de posséder un permis. Il n'y a plus qu'à se construire une cabane, plus ou moins élaborée, et à attendre le gibier. Bien entendu, le seul moyen d'accéder à la cabane, c'est par bateau. Ici, il n'y a ni chemins ni routes ni aucun accès par voie de terre. Chaque cabane dispose donc d'un appontement permettant d'y accoster.

La construction de la cabane est très simple : quelques gros bidons servant de flotteurs, un cadre en bois, quelques planches et un toit en tôle ondulée. C'est tout !

En dépit des apparences, celle-ci n'est pas abandonnée. Par contre, il est vraisemblable qu'elle n'a plus été utilisée depuis plusieurs mois.

Refuge dans le bayou
Refuge dans le bayou

Le refuge de la photo est destiné aux amateurs d'oiseaux, qu'il s'agisse de les chasser ou de les photographier. Construits sur un ilôt de terre en principe ferme, on est censé y avoir les pieds au sec. Mais vu qu'ici, la terre et l'eau cohabitent, rien n'est vraiment garanti. Les photographes (ou les chasseurs, au choix) s'abritent des regards toujours perçants des oiseaux derrière les toiles camouflées de branchages qui constituent les parois du refuge, et n'ont plus qu'à attendre.

Héron bleu
Héron bleu

En général, ils n'attendent pas bien longtemps. La vie sauvage est florissante dans ce bassin, et de très nombreuses espèces d'oiseaux y pullulent. Bien entendu, Kim connaît par coeur les meilleurs endroits où les trouver. Il commence par nous montrer un nid vide, puis ce héron bleu.

Nous en reverrons plusieurs au cours de cette excursion.

Pour faire cette photo, nous nous approchons lentement, sans bruit, pour ne pas déranger l'oiseau. Il nous regarde avec curiosité mais reste sans bouger.

Aigrette blanche
Aigrette blanche

Un peu plus loin, nous voyons cette aigrette blanche. Elle n'est pas seule. Nous en verrons plusieurs pendant cette partie de l'excursion. Même mode opératoire, Kim approche le bateau au ralenti, presque sans bruit, et chaque oiseau reste en place, pendant que Marie fait les photos.

Passage de l'oléoduc
Passage de l'oléoduc

Curieusement, dans une région aussi protégée, un oléoduc a obtenu l'autorisation de passer en ligne droite à travers le bayou. C'est le Bayou Bridge Pipeline, qui relie Lake Charles, à l'ouest de la Louisiane, à Saint James, près des plantations que nous avons visitées hier. Il permet d'alimenter les raffineries de Louisiane en pétrole brut du Texas. Contourner le bayou ? Impossible, il est partout, sur des dizaines de kilomètres, et la seule solution est de le traverser. De plus, cet oléoduc permet d'éliminer de nombreux transports par train ou camion. Ne générant pas de pollution, il a donc, indirectement, des vertus environnementales autant qu'économiques. Evidemment, il vaut mieux qu'il ne fuie pas !

A ma grande surprise, j'apprendrai 3 ans après notre visite, en effectuant des recherches pour ce site, que les études d'impact environnemental, pourtant demandées avant le projet par les résidents des communautés locales, n'ont pas effectuées, et que le Corps des Ingénieurs de l'Armée a approuvé le projet en décembre 2017, soit plus d'un an et demi après la mise en service de la phase 1 en avril 2016.

Un risque environnemental réel d'un tel projet, ce sont évidemment les fuites, qui pourraient provoquer de petites marées noires localisées, potentiellement désastreuses dans un environnement aussi sensible. Le risque est faible, mais non nul. Et comme l'oléoduc est simplement posé sur le fond du bayou et pas enterré, un autre impact est la diminution des flux d'eau, diminuant la teneur en oxygène de l'eau, impactant donc la vie aquatique locale.

Sur cette photo, l'oléoduc, qui passe juste au milieu de cette tranchée béante creusée au milieu des arbres, semble bien calme.

Fleurs locales
Fleurs locales

Le bassin d'Atchafalaya est aussi connu pour une flore très variée. Kim nous montre plusieurs sortes de fleurs locales absolument superbes. Des fleurs fin septembre ? Eh oui, la preuve !

Bayou
Bayou

En dépit des apparences, le petit canot à moteur qui va nous croiser n'est pas échoué. Tout comme nous, il navique à vitesse réduite sur une partie du bayou complètement recouverte d'un épais tapis d'herbes aquatiques. Pas question de marcher dessus, dessous, il y a de l'eau.

Comme nous le disions, ici, l'eau et la terre se confondent beaucoup.

Sauterelle
Sauterelle

La faune locale est aussi riche que la flore. A un moment où nous naviguons à vitesse réduite, Marie repère cette sauterelle sur le bastingage du bateau. Elle nous accompagne un moment, le temps de prendre une série de photos, puis s'envole.

Après avoir fait un grand tour du bassin d'Atchafalaya, il est temps de rentrer. L'excursion a finalement duré 2h30 et, entre les commentaires de Kim, mes questions, les photos et tout simplement profiter des paysages, nous n'avons à aucun moment vu le temps passer.

Dodge Journey
Dodge Journey

Profitant de quelques minutes de pause avant de reprendre la route, Marie prend cette photo de notre Dodge Journey. Un véhicule normalement prévu pour 7 juste pour nous 2, ça devrait aller.

C'et la première fois que je conduis une auto à carte. Pas de clé de contact proprement dite. Il suffit que la carte soit dans la voiture, on presse le bouton "start", et ça démarre, c'est tout. La carte sert aussi à activer l'alarme : dès que la carte s'éloigne du véhicule, l'alarme est active. Plus simple que ça, ça va être difficile !

Puis nous reprenons l'Interstate 10 toujours vers l'ouest, direction Lafayette et son village acadien, ou plutôt ses villages acadiens, puisqu'il en existe deux, Vermilionville juste au sud-est de la ville, et LARC une douzaine de kilomètres au sud-ouest. Nous ne visiterons pas les deux, nous avons choisi LARC.

Village acadien
Village acadien

Qui sont les Acadiens ? Ce sont les descendants des colons français établis depuis le 16ème siècle en Acadie, aujourd'hui les Provinces Maritimes du Canada, Nouveau-Brunswick, Ile du Prince-Edouard et Nouvelle-Ecosse. Avant même le début de la Guerre de Sept Ans (1756-1763) les Britanniques, qui avaient occupé l'Acadie depuis 1710, ont entrepris ce qu'il faut bien appeler un nettoyage ethnique, exigeant des Acadiens francophones qu'ils renoncent à leur langue, le français, à leur religion, le catholicisme, et à leur culture, pour favoriser leur assimilation, ou les déportant en masse. De nombreux Acadiens, peu désireux de perdre leur identité, ont été forcés à l'exil vers la France, puis vers la Louisiane,  alors sous domination espagnole, ou vers d'autres colonies françaises. Ceux établis en Louisiane, bien que petit à petit métissés avec des populations locales, ont développé une culture bien à eux, très fortement influencée par la culture française, la langue française et le catholicisme. C'est l'origine de l'identité cajun, le mot "cajun" étant lui-même une déformation du mot "acadien".

Après des décennies d'exil, les Cajuns se sont donc fixés dans le sud de la Louisiane, occupant des emplois peu qualifiés, ouvriers agricoles, petits artisans, etc. Localement, ce sont encore de nos jours les pauvres parmi les pauvres. L'usage d'un français fortement influencé par les autres langues de la région est encore assez répandu dans les campagnes, beaucoup moins dans les villes. A Lafayette (126 000 habitants), seuls 11% des habitants parlent le français.

Le village acadien que nous visitons a été établi sur 13 hectares de terre précédemment agricole, propriété de la LARC, la Lafayette Association for Retarded Citizens, une association d'insertion pour handicapés psychiques. Ce village sert le double objectif de développer le tourisme à Lafayette, tout en offrant des opportunités d'emploi à des personnes en réinsertion. Il a ouvert à la fin des années 1970 et comporte 11 bâtiments, soit reconstruits à l'identique, soit authentiques, donnés à l'association et transférés au village. La visite est autoguidée, à l'aide d'un simple plan sur une feuille unique, situant les principaux bâtiments.

La photo a été prise à l'intérieur de la maison Bernard, une authentique maison cajun construite entre 1820 et 1840 à Saint Martinsville en Louisiane. Le tableau montre l'exil des Acadiens, forcés de quitter le Canada en 1755.

Maison du village acadien
Maison du village acadien

Voici l'extérieur de la maison Bernard, telle qu'on peut la voir lorsqu'on passe devant sur une des allées du village. On reconnait les caractéristiques traditionnelles des maisons du Sud : surélevée pour éviter les dégâts des inondations, un portique à piliers, faute de colonnes, pour rester à l'abri du soleil et des orages, un second niveau utilisé essentiellement comme rangement.

A l'intérieur de la maison acadienne
A l'intérieur de la maison acadienne

Voici l'intérieur d'une autre maison, qui devait appartenir à une famille un peu plus prospère, si l'on en juge par la facture du mobilier. Le point commun avec la maison précédente ? Le rocking-chair, bien sûr !

Eglise du village acadien
Eglise du village acadien

Dans tout village acadien qui se respecte, il y a une église catholique. Celle-ci est située de l'autre côté de la rivière qui traverse le village, en face des maisons. Nous n'y sommes pas rentrés.

Usage du français
Usage du français

Dans cette région de Louisiane, l'usage du français persiste. Comme le montre ce panneau, l'évolution de la langue au cours des 250 dernières années a cependant été bien différente de la France, les influences linguistiques, ethniques et culturelles étant évidemment tout à fait locales. Mais si nous avions eu l'occasion de parler français avec de vrais Cajuns, nous nous serions sans doute compris sans grande difficulté.

Les Cajuns (parfois appelés Cadiens, abréviation d'Acadiens) nous ont transmis une culture abondante et très spécifique à leur histoire. En voici  quelques exemples :

  • Cuisine : le gombo, une sorte de ragoût, composé d'un bouillon garni de fruits de mer, crevettes, viande, saucisse, jambon, au choix.
  • Musique : l'accordéon est omniprésent dans la musique cajun, où il partage la vedette avec le violon. Influencées par le blues et le rock, les chansons de Zachary Richard sont typiques.
  • Religion : le catholicisme prédomine, avec une attention particulière au culte de Marie.
  • Films, festivals, littérature ...

Enfin, de nombreuses célébrités revendiquent une ascendance cajun au moins partielle :

  • Ellen DeGeneres : la présentatrice a quelques ancêtres cajuns du côté de son père.
  • Beyoncé (oui, oui, cette Beyoncé !) a des ancêtres cajuns du côté de sa mère,
  • Zachary Richard, chantre de la musique cajun et ardent défenseur de sa culture.
  • Le général Claire Lee Chennault, fondateur des Tigres Volants, une force aérienne de volontaires américains intégrée à l'armée de l'Air chinoise pendant la Seconde Guerre Mondiale,
  • Et beaucoup d'autres.

C'est un petit bout de francophonie très riche, et bien vivant, qui, malgré 250 ans de vicissitudes, de brimades, d'exil et d'assimilation plus ou moins forcée, persiste et nous est parvenu.

Atelier de tissage
Atelier de tissage

Dans tout village, il faut des activités économiques. Ici, deux ateliers ont été reconstitués, la forge et l'atelier de tissage, que montre cette photo. Il s'agit d'une reconstitution d'un artisanat tel qu'il se présentait dans les années 1820-1840, soit bien avant toute mécanisation autre que le gigantesque métier à tisser de la photo.

Nous visitons aussi la forge, reconstituée telle qu'elle était à la même époque.

Par contre, je m'explique un peu moins la présence d'une pompe à essence des années 1930. Y aurait-il eu des pompistes cajuns dans la région ? C'est probable.

Notre visite du village acadien est terminée. Nous repassons devant le bureau, maintenant fermé, puis nous quittons cet endroit riche en histoire et très attachant.

Nous avons repris la route vers le nord. Mauvaise nouvelle, nous traversons Lafayette à l'heure des sorties de bureaux et nous perdons un peu de temps dans les bouchons. Nous quittons finalement la ville direction plein nord par l'Interstate 49, que nous suivons sur une cinquantaine de kilomètres. Puis ce sont de petites routes, qui nous ramènent le long du Mississippi ... que nous ne voyons à aucun moment, puisque nous sommes de l'autre côté des énormes digues qui l'encadrent. Nous sommes maintenant sur de petites routes locales, assez isolées et, par moment, le réseau téléphonique se refuse à nous et nous perdons le GPS. Pas grave, c'est tout droit de toute façon, et nous ne nous perdons pas. Nous ne revoyons le fleuve qu'en le traversant, juste avant d'arriver à Natchez, Mississippi. C'est notre deuxième Etat de ce voyage.

Après avoir pris notre chambre à l'hôtel, très bien, avec une grande chambre (c'est depuis devenu un Best Western Premier, le niveau le plus élevé de la chaîne), nous nous livrons à notre activité favorite : que manger, et où ? Nous optons pour un grill tout proche, Moo's Barn and Grill. Je me risque au pulled pork caramélisé, typique du Sud, et je me régale. Marie est moins expérimentale que moi.

La route à six voies que nous traversons pour aller au restaurant est une vieille connaissance. C'est la US-84, que nous avons empruntée sur plus de 500 km il y a deux ans, entre Sweetwater, TX et Santa Rosa, NM, en passant par Lubbock et Fort Sumner.