Dimanche 13 septembre 2015 - De Sedona à Phoenix

Ce matin, il fait nettement meilleur qu'hier soir. Au programme, un peu de marche au milieu des célèbres rochers rouges de Sedona. Après tout, c'est pour eux que nous sommes venus.

Est-ce nous qui commençons à être habitués ? Ce matin, le petit déjeuner nous semble correct, sans plus. Plutôt que de le prendre au bord de la piscine, mais en pleine chaleur, nous préférons la salle climatisée.

Puis skype à la famille, et nous quittons l'hôtel.

Les rochers rouges de Sedona, AZ
Les rochers rouges de Sedona

Nous cherchons l'inspiration pour aller marcher un peu au milieu de ces fameux rochers rouges. Nous remontons donc de Oak Creek à Sedona, à la recherche d'informations. Nous nous arrêtons sur un parking où j'engage la conversation avec un cycliste en VTT, qui semble bien connaître la région. Il nous recommande Cathedral Rock, tout en précisant que le parking y est minuscule.

Il y a aussi une curiosité locale. Au départ de chaque trail, il y a une boîte dans laquelle chaque marcheur est censé déposer 5$ en échange du droit de profiter des pistes toute la journée. En France, je me demande combien de marcheurs déposeraient ainsi volontairement leur obole. Ici, le système semble compris et accepté par tous. Apparemment, personne n'est chargé de le faire respecter.

En route vers Cathedral Rock, Sedona, AZ
En route vers Cathedral Rock

Nous sommes dimanche, et le parking de Cathedral Rock, déjà minuscule, est totalement blindé. Pas une place disponible ! Aucune chance de nous garer là, nous devons renoncer.

Cathedral Rock est un gros rocher entouré de pistes. Ce ne sont pas les accès ni les parkings qui manquent, nous allons essayer d'un autre côté. L'endroit est connu. Du sommet, nous imaginons une vue imprenable sur toute la région, à condition d'en profiter tant que le temps se maintient.

Cathedral Rock, Sedona, AZ
Cathedral Rock

Nous faisons le tour de Cathedral Rock, à la recherche d'un autre accès. En gros, il faut remonter jusqu'à Sedona, traverser la ville, puis redescendre vers Cathedral Rock d'un autre côté.

En fin de compte, nous passons un peu trop de temps en voiture à chercher un parking, et pas assez à marcher. C'est dommage, et ça commence à être frustrant.

Près de Red Rock State Park, Sedona, AZ
Près de Red Rock State Park

Après avoir contourné Sedona, nous allons jusqu'à l'entrée de Red Rock State Park mais, comme ce parc ne donne pas accès à Cathedral Rock, nous n'entrons pas. En fait, nous cherchons un bureau d'information, que nous finissons par trouver en plein centre de Sedona, après quelques recherches.

Là, une fonctionnaire très serviable prend le temps de nous commenter une carte des trails de toute la région de Sedona. Et, ce qui est une très bonne idée après la perte de temps à Cathedral Rock, elle connait la taille de tous les parkings, merci à elle !

Nous finissons par nous décider pour Devil's Bridge, un itinéraire assez court et classé "facile". J'avais déjà par le passé émis quelques réserves sur la classification des itinéraires, je les maintiens. Le "facile" de Devil's Bridge est plus lié à sa longueur, pas franchement insurmontable, qu'à sa difficulté technique. Mais, au moment où nous nous garons sur le parking, nous ne le savons évidemment pas encore.

Près du départ de la piste de Devils Bridge, Sedona, AZ
Près du départ de la piste de Devil's Bridge

La piste de Devil's Bridge se divise en deux parties. A partir du parking de Vultee Arch, nous quittons le bitume pour une piste large, pratiquement plate et accessible aux 4x4. Ce premier tronçon de 2 km ne présente aucune difficulté.

C'est juste après que la promenade devient une vraie randonnée. La piste de Devil's Bridge n'est pas longue, environ 1,3 km, avec un gain d'altitude de seulement 130 m, mais elle est particulièrement éprouvante, très irrégulière, avec des pierres, des racines, des marches, un passage en escalier, etc. Evidemment, la sciatique de Marie en profite pour se rappeler à son bon souvenir, et elle arrive en haut épuisée.

Devils Bridge, Sedona, AZ
Devil's Bridge

Devil's Bridge est une curiosité. D'après son nom, c'est un pont naturel. Cependant, on serait bien en peine de trouver une rivière dans un endroit aussi aride. Il n'y a pas la moindre goutte d'eau ! Alors, pont naturel ou arche ? A Sedona, les définitions en vigueur partout ailleurs semblent s'appliquer de leur propre manière.

Une fois en haut, Marie se repose un peu, pendant que j'explique ses malheurs à une randonneuse, accompagnée d'une amie, avec qui je viens d'engager la conversation. Le plus normalement du monde, j'appelle Marie "The First Lady of Love", et c'est le début d'un dialogue totalement impromptu :

  • Je ne connais qu'un seul autre homme qui appelle sa femme "The First Lady of Love", et c'est ...
  • Oui, je sais, Bruce Springsteen. De qui crois-tu que Bruce se soit inspiré pour trouver ça ?

Il n'en fallait pas plus pour engager une conversation approfondie sur le Boss, ses concerts, le nombre de fois que nous l'avons vu (je mène par 13 à 0). La glace est brisée, je me suis fait une nouvelle amie. Elle est prof de yoga. S'il ne devait y avoir qu'une ville new age aux Etats-Unis, ce serait Sedona. La densité à l'hectare de profs de yoga et autres activités très tendance y est absolument phénoménale.

Marie prend quelques photos des deux amies sur l'arche, que je leur enverrai par la suite par mail.

Vue de Devils Bridge, Sedona, AZ
Vue de Devil's Bridge

Devil's Bridge est déjà assez haut sur le flanc de la montagne et la vue sur le plateau d'où nous sommes partis est superbe. Toutefois, nous notons que les nuages semblent arriver. Ce n'est pas de très bon augure pour la suite de la journée.

Nous nous reposons un bon moment. Puis, après quelques photos supplémentaires, nous prenons le chemin du retour. La descente est à peine moins éprouvante que la montée pour Marie, qui a pris un antalgique. Nous y allons assez doucement.

Nous revoyons plusieurs fois nos deux nouvelles amies et parlons encore un peu de nos voyages, puis nous finissons par nous séparer sur le parking, après avoir échangé nos adresses mail.

Rocher rouge près de Wilson Canyon, Sedona, AZ
Rocher rouge près de Wilson Canyon

Lorsque nous sommes arrivés à Sedona hier soir par la route 89A, nous avons trouvé le paysage superbe mais, à la tombée de la nuit, nous n'en avions pas vraiment profité. Nous retournons donc par où nous sommes arrivés, jusqu'à Wilson Canyon.

Sedona est une région de marcheurs, il y a des départs de pistes un peu partout, avec des parkings plus ou moins grands. Sur celui de Midgley Bridge, nous prenons la toute dernière place.

Midgley Bridge, route AZ-89A, Sedona, AZ
Midgley Bridge, route AZ-89A

Comme le montre la photo, les nuages arrivent assez vite. J'ai pitié de la sciatique de Marie, nous ne marchons que quelques centaines de mètres à peine le long de Wilson Canyon. La piste est plate, régulière, sans aucune difficulté, mais nous n'insistons pas.

Marie m'attend assise pendant que je m'éloigne pour faire quelques photos de Midgley Bridge.

Wilson Canyon, Sedona, AZ
Wilson Canyon

Je prends aussi quelques photos de Wilson Canyon, assez encaissé, mais ni très profond ni très large. Rien à voir avec le Grand Canyon, celui-ci n'est pas démesuré, mais plutôt à taille humaine, si l'on peut dire.

Laissant toujours Marie se reposer, je descends une piste assez courte qui passe sous le Midgley Bridge et mène à un point de vue sur Sedona. Les nuages deviennent franchement sombres, et nous n'avons pas l'intention de nous attarder.

Puis je remonte rejoindre Marie. C'est en retournant vers la voiture que les premières gouttes tombent. Le temps de reprendre la route et de retraverser Sedona, c'est un véritable déluge qui s'abat sur nous, comme souvent les orages en montagne. Evidemment, plus question de retourner à Cathedral Rock. Nous n'avons plus qu'à prendre la route, puis l'autoroute, vers Phoenix où, d'après mon ami d'hier soir, il n'y a strictement rien à voir.

Avec un peu de patience, l'orage finit par s'arrêter. Lorsque nous refaisons le plein à Mayer, il fait de nouveau beau, très chaud (jusquà 40°C !), et très humide, puisqu'il vient de pleuvoir. Nous sommes maintenant dans une région désertique, et c'est à ce moment que nous voyons nos premiers cactus géants, les fameux saguaros (on prononce sa-oua-ro).

Après avoir traversé les montagnes et perdu beaucoup d'altitude (Sedona est à 1400 m, Phoenix à 400 m), l'Interstate 17 nous amène à Phoenix, une ville immense, plate, monotone et, à l'exception de son centre financier et administratif (c'est la capitale de l'Arizona), sans gratte-ciel. Notre hôtel se trouvant complètement à l'est de la ville, nous devons la traverser, ce qui représente environ 70 km de route et près d'une heure. Nous passons près de l'aéroport où j'avais fait une brève escale en 2002.

Question étendue, Phoenix n'a rien à envier à Los Angeles. L'agglomération compte 4,2 millions d'habitants, soit les 2/3 de la population de l'Arizona.

Notre hôtel est très confortable, c'est presque dommage de n'y rester qu'une nuit. Comme nous sommes arrivés relativement tôt, nous en profitons pour aller à la piscine, où il n'y a que nous. Marie adore l'eau très chaude du jacuzzi, qui semble avoir des effets presque miraculeux sur sa sciatique.

J'ai trouvé une carte dans la chambre, je nous commande à dîner, lasagnes pour Marie et un gros sandwich avec des boulettes de viande et du fromage pour moi. Un peu plus tard dans la soirée, je redescends à la voiture, il tombe de nouveau un orage de fin du monde. En principe, nous sommes censés être au milieu du désert de Sonora !