Dimanche 6 septembre 2015 - De Blanding à Page

Ce matin à Blanding, il fait très beau. Ca nous change d'hier soir, où nous étions arrivés juste après un orage de fin du monde.

Aujourd'hui, le programme est relativement chargé :

Nous prenons quand même le temps d'une conversation sur Skype avec la famille en France, puis nous allons déjeuner. Le buffet est moyennement garni, ce qui est cohérent avec la catégorie de l'hôtel. Plus gênant, toutes les tables sont occupées. Nous finissons par nous installer sur un guéridon dans le hall.

Puis nous quittons l'hôtel. Sachant que l'étape du jour est relativement longue, que nous allons traverser des régions quasiment désertiques et pour rassurer Marie, je fais le plein de la Camaro à la station-service où j'avais acheté les pizzas hier soir, bien que le réservoir soit loin d'être vide.

Juste après la sortie de Blanding, nous quittons la route US-191 pour la route SR-95, qui traverse les magnifiques paysages du sud de l'Utah.

Comb Ridge, UT-95, près de Blanding, UT
Comb Ridge, UT-95

Une vingtaine de kilomètres plus loin, nous traversons ce qui ressemble fort à une faille, alors que tout le plateau du Colorado est censé ne pas en comporter. C'est Comb Ridge, un plissement créé il y a 65 millions d'années par les mouvements des plaques tectoniques sous-jacentes.

Nous nous arrêtons et prenons quelques photos de cette formation géologique aussi rectiligne qu'inattendue. A droite de l'image, on distingue nettement la rupture du plateau. Du parking, le point de vue sur Comb Ridge et le plateau est superbe.

Comme d'habitude, j'engage la conversation avec les occupants du gros 4x4 garé à côté de nous. C'est une famille de Russes, qui font un road-trip un peu dans le genre du nôtre. Nous les reverrons plusieurs fois dans la journée.

Entrée de Natural Bridges National Monument
Entrée de Natural Bridges National Monument

Une soixantaine de kilomètres après Blanding, nous arrivons au visitor center de Natural Bridges National Monument, où je pose au ranger de service la question qui me titille depuis un bon moment : quelle est la différence entre un National Park et un National Monument ?

La réponse est multiple :

Après le visitor center, nous prenons la route circulaire à sens unique qui permet d'accéder aux trois ponts naturels, ainsi qu'à quelques autres points de vue. Cette route suit le bord du plateau sans descendre dans les canyons, elle fait 15 kilomètres.

En principe, Natural Bridges National Monument se visite en quelques heures. L'endroit n'est pas très étendu.

Sipapu Bridge, White Canyon, Natural Bridges National Monument
Sipapu Bridge, White Canyon

Natural Bridges National Monument est situé à la jonction de deux petits canyons, White Canyon, le plus grand, que l'on voit sur la photo, et son affluent Armstrong Canyon. Les deux premiers ponts sont dans White Canyon, le troisième dans Armstrong Canyon.

Notre premier arrêt est à quelque distance de Sipapu Bridge, le premier pont, que l'on voit sur la photo.

Une autre question me vient alors à l'esprit : quelle est la différence entre un pont naturel et une arche ?

  • Un pont naturel est censé passer au-dessus d'un cours d'eau,
  • Une arche peut se trouver à n'importe quel endroit.

Donc pour déterminer si on est en présence d'un pont naturel ou d'une arche, il faut chercher l'eau.

A priori, ici, nous sommes en présence de ponts naturels, comme d'ailleurs l'indique le nom du parc, ou plutôt du monument. Seulement voilà, en cette fin d'été, toutes les rivières sont à sec. Plus tard dans la journée, nous traverserons d'ailleurs plusieurs fois le lit de la rivière au fond de White Canyon, sans nous mouiller les pieds le moins du monde ! La distinction est donc plus subtile qu'il n'y paraît.

Sipapu Bridge vu d'en haut, Natural Bridges National Monument
Sipapu Bridge vu d'en haut

Nous sommes maintenant à Sipapu Bridge. Du parking, en haut de White Canyon, la vue du pont ne nous suffit pas, et nous décidons de prendre la piste qui descend jusqu'à la rivière.

Au départ de chacune des trois pistes, une par pont en toute logique, un panneau prévient des difficultés à prévoir. Nous n'avons pas remarqué le panneau de Sipapu Bridge et, à peu près au tiers de la descente, après un escalier métallique assez haut, en bordure de falaise et surtout avec des marches métalliques à claire-voie, Marie déclare forfait, en proie à un vertige soudain. Elle m'attend à l'ombre. Bien que moi-même parfois sujet au vertige, je continue seul avec l'appareil photo.

La piste de Sipapu Bridge n'est pas très longue, par contre elle est raide et, par endroits, assez vertigineuse. Je ne la recommande pas aux personnes souffrant de problèmes de genoux ou de hanches.

Grenier Anasazi, piste de Sipapu Bridge, Natural Bridges National Monument
Grenier Anasazi, piste de Sipapu Bridge

Un peu après avoir quitté Marie, la piste suit un affleurement horizontal dans la roche, qui donne accès à une alcôve naturelle dans le flanc du canyon. C'est là que je vois cette ruine Anasazi. Il s'agit manifestement d'un grenier, que l'on reconnait à sa forme circulaire et à son absence d'ouvertures.

A l'extrémité de cet affleurement de roche, un point de vue à peu près à mi-hauteur du canyon permet de voir Sipapu Bridge déjà d'un peu plus près. Puis il faut rebrousser chemin de quelques dizaines de mètres pour reprendre la descente.

Echelle, piste de Sipapu Bridge, Natural Bridges National Monument
Echelle, piste de Sipapu Bridge

Marie a bien fait de ne pas me suivre. Un peu plus bas dans la descente, la piste passe par trois échelles comme celle de la photo. Il n'y a pas de risque particulier, c'est du solide, mais ce parcours est quand même déconseillé aux personnes sujettes au vertige ou ayant des difficultés à se déplacer.

Un peu plus bas, il y a un court passage sur un rocher absolument nu, où il vaut mieux bien tenir la rambarde, au risque de glisser dans le canyon. Comme nous sommes presque arrivés, cet endroit est quand même moins vertigineux.

Sipapu Bridge vu d'en dessous, Natural Bridges National Monument
Sipapu Bridge vu d'en dessous

Je suis maintenant juste sous Sipapu Bridge, à peu près au milieu de ce qui devrait en principe être le lit d'une rivière. Je fais quelques photos du pont vu d'en dessous.

D'ici, une piste part rejoindre Kachina Bridge, le second pont. C'est un itinéraire d'une dizaine de kilomètres, qui suit le lit de la rivière à sec.

Je ne m'attarde pas. Je remonte retrouver Marie, puis nous remontons jusqu'au parking. C'est à ce moment seulement que nous voyons le panneau de début de piste, qui énumère précisément les escaliers et les échelles. Trop tard.

Horsecollar Ruin, site Anasazi, Natural Bridges National Monument
Horsecollar Ruin, site Anasazi

Un peu plus loin, nous nous arrêtons à Horsecollar Ruin, un petit site Anasazi. La ruine est située de l'autre côté de White Canyon, on ne peut pas y accéder pour visiter, nous nous contenterons de la regarder à quelque distance. Heureusement, Marie a emporté une paire de jumelles.

Le nom de Horsecollar (le collier de cheval) tient à la forme inhabituelle, légèrement incurvée, des entrées de deux des habitations du site, que l'on voit à droite de la photo. Complètement à gauche, on devine un kiva qui, tout à fait exceptionnellement, a conservé son toit d'origine.

Comme on le voit, les Anasazis avaient peuplé une vaste région, allant bien au-delà de Mesa Verde, à plus de 200 km d'ici. Et ici comme ailleurs, on ignore ce qu'ils sont devenus après l'an 1300.

Kachina Bridge vu d'en haut, Natural Bridges National Monument
Kachina Bridge vu d'en haut

Toujours sur White Canyon, nous nous arrêtons à Kachina Bridge, le second pont naturel. Et comme à Sipapu Bridge tout à l'heure, nous allons descendre jusqu'au fond du canyon.

Maintenant que nous savons où trouver les panneaux et que nous avons compris à quoi ils servent, Marie peut prendre une décision informée, et elle choisit de descendre avec moi.

Formation calcaire, piste de Kachina Bridge, Natural Bridges National Monument
Formation calcaire, piste de Kachina Bridge

La piste de Kachina Bridge est plus longue que celle de Sipapu Bridge, mais nettement moins raide, et sans grande difficulté à part quelques marches d'escalier près du départ, et une incertitude à l'arrivée. En effet, à un endroit, la piste jusque-là très nettement tracée, se perd un peu dans la végétation sur les berges du lit de la rivière. Je traverse, je cherche quelques instants, la piste est bien là de l'autre côté.

La piste descend le long d'une partie de White Canyon un peu plus large. A peu près à mi-chemin, à quelque distance, nous voyons cette curieuse formation calcaire d'origine indéterminée, sans doute le fruit d'une érosion qui différencie à l'évidence les matériaux selon leur dureté et le taux de sel qu'ils contiennent, comme à Arches National Park.

Kachina Bridge vu d'en bas, Natural Bridges National Monument
Kachina Bridge vu d'en bas

Nous sommes ici sous Kachina Bridge. Le canyon est de nouveau très étroit, et le pont est le seul passage possible pour l'eau ... quand il y a de l'eau ! Aujourd'hui, nous ne voyons que quelques plaques de boue, sans doute laissées par un orage récent, mais rien qui ressemble vraiment à une rivière, à part son lit.

Devant nous, on voit bien l'arrivée de la piste qui vient de Sipapu Bridge. A notre gauche, une autre piste permet de rejoindre le troisième pont, Owachomo Bridge.

Nous ne nous attardons pas trop à Kachina Bridge. Le programme de cette journée est encore riche.

Owachomo Bridge, Natural Bridges National Monument
Owachomo Bridge

La route circulaire de Natural Bridges National Monument suit maintenant Armstrong Canyon jusqu'à Owachomo Bridge.

Ce pont est le plus fin et le plus élancé des trois. Il est placé à un endroit un peu plus large du canyon, ce qui lui donne une vue nettement plus dégagée.

La piste qui conduit jusque sous le pont est courte et sans difficulté. Malgré tout, pour ménager sa sciatique qui refait parler d'elle, Marie ne m'accompagne pas. Je descends jusque sous le pont faire quelques photos, et j'y recroise notre Russe de ce matin, avec qui j'échange encore quelques mots.

Puis nous faisons un passage rapide par le visitor center, ou plutôt par ses toilettes, et nous quittons Natural Bridges National Monument pour de bon. Nous prenons la route de Valley of the Gods.

Muley Point Overlook, Moki Dugway, route UT-261
Muley Point Overlook, Moki Dugway, route UT-261

La route UT-261 est très roulante, en excellent état. Je ne fais pas spécialement attention aux panneaux qui signalent une pente particulièrement raide à venir. D'un seul coup, la belle route perd son revêtement et laisse place à une piste, certes suffisamment large et en relativement bon état, mais sans goudron. Je soupçonne d'abord des travaux de réfection de la route, mais non, ce n'est pas ça, je n'ai vu aucun panneau indiquant un chantier.

J'aurai l'explication bien plus tard, en faisant les recherches pour cet article. La route UT-261 passe à l'emplacement d'une ancienne route utilisée dans les années 50 pour relier une mine d'uranium depuis longtemps désaffectée. Moki Dugway, la descente en lacets entre Muley Point Overlook et le plateau inférieur, n'a tout simplement jamais été goudronnée. Pour des camions de minerai, ce n'est pas un problème. Pour nous ainsi que pour les autres touristes, c'est très surprenant. Je ne m'attendais absolument pas à presque 5 km de route non goudronnée !

Nous nous arrêtons à Muley Point Overlook, un point de vue au bord de la falaise, qui surplombe le plateau à nos pieds de plus de 300 m. Il ne s'agit pas d'une faille ni d'un plissement. C'est un des escarpements du plateau du Colorado, qui marquent l'endroit où un ensemble de couches calcaires a été totalement érodé, au point de disparaître complètement. La mesa qui nous fait face sur la photo est à près de 20 km de nous.

L'endroit est connu. Même en fin de saison, le parking est presque plein.

La descente sur la route non revêtue ne pose aucun problème. Comme sur toute route un peu délicate, il faut faire attention, c'est tout.

Entre Valley of the Gods et Goosenecks State Park, Utah
Entre Valley of the Gods et Goosenecks State Park, Utah

Une fois arrivés sur le plateau, le goudron reprend comme si de rien n'était. Nous sommes très rapidement à l'entrée de Valley of the Gods, une route elle aussi non revêtue, qui traverse un site naturel superbe, bordé de rochers dont les noms sont ceux de divinités vénérées par les Navajos.

La route, elle, n'a rien de divin. Au bout de moins d'un demi-kilomètre, devant l'état incertain, je décide de faire demi-tour. Une fois encore, je n'ai aucune envie de râper le dessous de notre Camaro de location sur les pierres d'une route en piteux état.

Bien m'en prend. A ce moment-là, bien sûr, je ne peux pas le savoir, mais bien après notre retour, en faisant des recherches pour cet article, j'apprends que la route en question est par endroits très abîmée, et qu'elle est à réserver aux véhicules adaptés. C'est un endroit de plus où il faudra absolument qu'on revienne avec un 4x4.

Un peu plus loin, pendant que Marie et moi prenons des photos le long de la route UT-261, un gros 4x4 s'arrête juste à côté de nous. Surprise, c'est la famille de Russes que nous avons déjà croisés plusieurs fois dans la journée.

Méandre de la San Juan River, Goosenecks State Park
Méandre de la San Juan River, Goosenecks State Park

Quelques minutes plus tard, nous arrivons à Goosenecks State Park, un petit parc qui permet d'admirer une série de méandres de la San Juan River. Cette rivière est un des affluents les plus importants du Colorado, qu'elle rejoint dans le lac Powell, à quelques dizaines de kilomètres d'ici.

Ici comme à Dead Horse Point il y a quelques jours, notre pass America The Beautiful ne nous est d'aucune utilité, pour la même raison : ce n'est pas un parc national mais un parc d'Etat de l'Utah.

Le site est très spectaculaire. La rivière forme une suite d'une demi-douzaine de méandres, les uns derrière les autres, un peu comme Horseshoe Bend multiplié par 6 (mais sans la beauté presque irréelle des rochers oranges de Horseshoe Bend, selon Marie).

Cet endroit est un peu frustrant pour les photographes : à moins de disposer d'un objectif vraiment très grand angle, il est impossible de saisir le site en entier.

Goosenecks State Park
Goosenecks State Park

Un petit chemin suit le bord de la mesa sur une partie du site. Nous marchons un peu, essayant de trouver des angles corrects pour les photos.

Il y a aussi des tables de pique-nique avec, comme très souvent aux Etats-Unis, le barbecue juste à côté. il n'y a plus qu'à apporter son charbon de bois et sa viande, et à nettoyer après utilisation, car évidemment, les barbecues sont tous dans un état de propreté irréprochable. Est-ce de l'entretien permanent ou du civisme ? Je penche pour la seconde hypothèse.

Le pavé sur la poubelle sert tout simplement à la garder fermée lorsque le vent souffle. Et il doit souffler, parfois, au point de devoir enchainer chaque couvercle à sa poubelle !

Méandres de la San Juan River, Goosenecks State Park
Méandres de la San Juan River

Nous n'avons pas le grand-angle-de-la-mort-qui-tue. Marie arrive à faire une photo où on voit plus ou moins correctement trois méandres. Nous ne ferons pas mieux.

Sous le belvédère principal, je descends un peu, pas trop quand même, le précipice est là, tout proche. Mais je me rapproche des méandres au lieu de m'en éloigner et, de là où je suis, je ne peux pas non plus prendre tout le site en photo. Tant pis.

Il est temps de repartir. Il y a encore 240 km jusqu'à Page, et quelques points d'intérêt en chemin.

Mexican Hat
Mexican Hat

De Goosenecks State Park à Page, il n'y a qu'une route, et c'est la US-163, que nous connaissons déjà pour l'avoir parcourue dans l'autre sens il y a 5 ans. Nous repassons donc à Mexican Hat, 31 habitants au recensement de 2010.

Le célèbre rocher en équilibre est toujours là. Nous quittons la route US-163 quelques instants pour une piste non revêtue de moins d'un demi-kilomètre, pour nous en approcher, le temps de quelques photos.

Monument Valley vue du Forrest Gump Point, route US-163
Monument Valley vue du Forrest Gump Point, route US-163

Une quinzaine de kilomètres après Mexican Hat, notre attention est doublement attirée, tout d'abord par la perspective de la photo, que l'on a déjà vue quelque part, et presque simultanément par un parking sur le côté droit de la route. Nous nous arrêtons.

Juste en face de nous se trouve Monument Valley. Si on se rappelle bien le film, c'est ici même que Forrest Gump s'arrête de courir après ses trois années passées à traverser les Etats-Unis de part en part. Et effectivement, sur le parking, un panneau signale que nous sommes bien au Forrest Gump Point. Pas mal, pour un personnage presque entièrement fictif !

Même en l'absence de toute référence cinématographique, la vue de Monument Valley depuis la route US-163 constitue déjà un point d'intérêt non négligeable.

Nous reprenons la route et, face à Monument Valley, faisons un petit détour à la recherche du comptoir commercial ouvert par Harry Goulding dans les années 20 pour commercer avec les Navajos. Si on se rappelle bien l'histoire, c'est Harry Goulding qui a fait découvrir Monument Valley à John Ford, qui l'a ensuite, notamment en compagnie de John Wayne, fait découvrir au reste du monde. Nous trouvons facilement le comptoir, mais nous n'y faisons qu'un très bref passage. L'endroit semble avoir quelque peu perdu son authenticité.

Nous reprenons la route de Page et passons la frontière entre l'Utah et l'Arizona. Nous reculons nos montres d'une heure, puisque, à l'exception de la nation Navajo, l'Arizona n'applique pas l'heure d'été.

Pendant ce temps, le ciel s'est assombri et l'orage menace. La lumière n'est plus suffisante pour prendre des photos. A un moment, tout en conduisant, je me rends compte que nous sommes cernés par les orages et que, à moins d'un miracle, nous allons bien finir par nous faire copieusement arroser. Le miracle se produit, nous arrivons à Page sans prendre une goutte d'eau, et sous un ciel qui fait mine de vouloir s'éclaircir.

Après nous être installés à l'hôtel, nous ressortons pour chercher à manger. Ce sera Taco Bell pour moi et McDonald's pour Marie. Pendant que nous mangeons, j'essaye comme chaque soir de charger les photos du jour, mais la stabilité du wi-fi laisse à désirer. J'ai aussi beaucoup de mal à mettre le blog à jour.