Lundi 10 juin 2013 - Washington

A l'instant même où nous nous levons, nous avons déjà compris que la météo d'hier soir avait raison, et que la journée sera pluvieuse. Tant pis, il faudra faire avec.

Donc douche, petit déjeuner et départ en navette pour le terminus du métro, jusqu'au centre de Washington.

Aujourd'hui, nous visitons la partie historique, politique et culturelle de la capitale fédérale.

Washington est une ville très riche en parcs, monuments, musées et divers témoignages historiques. Les distances modérées font qu'on peut s'y promener à pied. Donc mieux vaut laisser la voiture à l'hôtel et utiliser les transports.

Washington, le Capitole
Washington, le Dôme du Capitole vu de la pelouse du Mall

Lorsque nous sortons du métro sur Pennsylvania Avenue, le temps est gris et très bouché, mais il ne pleut pas. Ce n'est qu'une question de patience !

La perspective de Pennsylvania Avenue nous donne une vue de trois-quarts du Capitole. Pour la vue de face, celle de la photo, nous descendons la 7ème Rue jusqu'au Mall.

Nous sommes bien dans le quartier du Gouvernement. A notre droite se trouvent les Archives Nationales, qui hébergent les actes du Gouvernement des Etats-Unis, à notre gauche, le bâtiment de la Commission Fédérale du Commerce, qui règlemente l'économie et protège le consommateur. En nous rapprochant du Mall, après avoir traversé Constitution Avenue, nous avons à notre gauche la National Gallery of Art, le plus grand musée d'art de Washington.

One Million Bones, un million d'os sur la pelouse du Mall, en protestation contre tous les génocides
One Million Bones, un million d'os, en protestation contre tous les génocides

Lorsque nous arrivons sur le Mall, nous constatons que les immenses pelouses sont recouvertes d'ossements en caoutchouc. C'est ce qui reste d'une gigantesque manifestation nommée One Million Bones (un million d'os), qui a eu lieu les trois jours précédents, contre tous les génocides, en Syrie, au Soudan, au Sud Soudan, en République Démocratique du Congo et ailleurs. Le principe était simple : chaque participant faisait une donation d'un montant quelconque et obtenait en échange un os à aller poser sur la pelouse. En toute logique, la taille de l'os est proportionnelle au montant de la donation. Une fois les frais d'organisation couverts, les sommes recueillies financent des actions en faveur des réfugiés victimes de génocides.

Bien sûr, l'impact médiatique de toute l'opération a été soigneusement pris en compte par les organisateurs, et ce n'est sûrement pas un hasard si la manifestation s'est terminée un dimanche.

Aujourd'hui lundi, les équipes de volontaires de l'organisation sont occupées à trier les os par taille, à en faire des tas sur les pelouses et à tout ramasser. D'ici quelques heures, le Mall aura retrouvé son vert immaculé.

J'avoue être assez impressionné par le professionnalisme de cette organisation, qui laisse le lieu de sa manifestation dans l'état dans lequel elle l'a trouvé.

A l'abri sous un auvent, une volontaire de l'organisation prend le temps nécessaire pour m'expliquer la manifestation, son but, ses moyens, son déroulement, et la restitution du Mall dans son état originel. Comme quoi on peut faire entendre sa protestation tout en restant professionnel et convivial, et sans dégrader quoi que ce soit.

Washington, écureuil trempé sur la pelouse du Mall
Sur la pelouse du Mall, même les écureuils sont trempés

Il a déjà plu, apparemment. Sur une des pelouses du Mall, nous croisons ce petit écureuil en quête de nourriture, absolument trempé.

Comme à de nombreux autres endroits en centre ville, les écureuils ont peu de prédateurs. Ils prolifèrent donc, jusqu'à ce que le manque de nourriture régule les populations de manière plus ou moins naturelle.

Washington, mémorial Ulysses S. Grant, statue équestre du Président
Mémorial Ulysses S. Grant, statue équestre du Président

Nous remontons le Mall jusqu'au Capitole. Au pied de la colline se trouve Union Square, où a été installé en 1922 le mémorial Ulysses S. Grant, 18ème Président de l'Union.

Grant a été le général en chef des troupes de l'Union pendant la Guerre Civile. Quelques années après le conflit, il est entré en politique, et est devenu Président pendant deux mandats, de 1869 à 1877. Son premier mandat a permis l'élimination des derniers vestiges de l'esclavagisme, la mise en coupe réglée du nationalisme Sudiste, la protection des droits des Noirs et la défaite du Ku Klux Klan.

Son second mandat, en revanche, a été marqué par la panique financière de 1873, contre laquelle son Administration a semblé totalement impuissante, laissant s'installer cinq années de dépression économique. La corruption s'est répandue jusqu'au plus haut niveau politique, donnant lieu à de nombreuses commissions d'enquête du Congrès. Ses adversaires politiques ont évidemment profité de l'occasion pour reprendre l'avantage. Dans les Etats du sud, les lois Jim Crow, du nom d'un personnage de caricature, ont instauré un statut "séparé mais égal" des Noirs, conduisant à une ségrégation de droit dans l'emploi, les transports, le logement, l'éducation, l'armée, le droit de vote et de nombreux autres domaines, qui a perduré jusqu'aux années 60.

Le bilan de Grant parait aujourd'hui pour le moins contrasté :

Dans ces conditions, sa tentative, d'ailleurs assez peu convaincainte, de retour en politique pour solliciter un troisième mandat en 1880, une première depuis George Washington, n'a rencontré qu'un succès limité. C'est James Garfield, un candidat Républicain de compromis, qui  été élu.

Washington, mémorial Ulysses S. Grant, la charge de cavalerie
Mémorial Ulysses S. Grant, la charge de cavalerie

Situé à l'extrémité opposée du Mall par rapport au Lincoln Memorial, le mémorial Ulysses S. Grant rend hommage au militaire plus qu'au Président.

Il est composé de trois parties :

  • Au centre, la statue équestre de Grant pendant la Guerre Civile le montre très calme au milieu du conflit, observant la bataille sur son cheval Cincinnati. Le général Grant était effectivement connu pour son total sang-froid. Cette sculpture compte parmi les plus grandes statues équestres au monde,
  • A sa gauche, la statue de la Charge de Cavalerie montre un des faits d'armes les plus meurtriers de la Guerre Civile. En effet, dans les deux camps, nombreux furent les cavaliers et les chevaux impitoyablement fauchées par les munitions de l'adversaire,
  • A sa droite, la statue de l'Artillerie illustre le rôle essentiel de l'artillerie et des munitions explosives lors du conflit. Leur montée en puissance a d'ailleurs continué jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale.

Washington, statue du président Garfield
Statue du président Garfield

Au coin de First Street et Maryland Avenue se trouve la statue du président Garfield. On se souvient peu de sa présidence, qui n'a duré que 200 jours, de mars à septembre 1881, principalement marquée par la réorganisation de l'Administration et des Postes, pour réduire la corruption. Le 2 juillet 1881, il a reçu deux coups de feu d'un déséquilibré. Incapable d'exercer sa fonction, de plus en plus invalide, James Garfield est décédé le 19 septembre 1881. Le vice-président Chester Arthur a alors été intronisé Président.

Après Abraham LincolnJames Garfield est le second Président à mourir assassiné. Il y en aura deux autres par la suite, William McKinley et John Kennedy.

Nous contournons maintenant le Capitole par le nord et montons la colline, qui ne fait qu'une vingtaine de mètres de haut.

Washington, le Dôme du Capitole vu du jardin botanique, la statue de la Liberté
Le Dôme du Capitole et la statue de la Liberté

Juste après la statue de Garfield, en montant la colline du Capitole, le Dôme se dégage entre les arbres du parc.

En haut de la coupole se trouve la Statue de la Liberté, qui n'a aucun rapport avec celle de New York. Celle-ci, sculptée par Thomas Crawford, a été inaugurée en 1863. Son piédestal porte la célèbre devise latine "E pluribus unum" (de plusieurs, un seul), qui fait référence au projet collectif des Etats-Unis d'Amérique.

Washington, le capitole vue du parvis Est
Le Capitole, vu du parvis Est

La façade principale du Capitole, celle par laquelle on entre, est celle du parvis Est, immense, et, fait rare dans ce pays, totalement débarrassé de circulation automobile. On peut librement traverser le parvis, discrètement surveillé par quelques hommes en armes, sans plus. On imagine évidemment que toute tentative résolument hostile dirigée contre le bâtiment serait traitée comme il se doit.

C'est d'ailleurs ce qui s'est passé le 3 octobre 2013, dans un fait divers qui s'est achevé de sanglante manière.

Cette apparente facilité d'accès aux abords des bâtiments publics n'a pas fini de me surprendre.

Le bâtiment du Capitole est composé de trois parties principales :

D'autres personnalités controversées, comme l'ancien président Richard Nixon, n'ont pas été présentées ainsi au Capitole avec les honneurs.

Washington, le Capitole, l'aile du Sénat
Le Capitole, l'aile du Sénat

Au nord, l'aile droite du Capitole héberge le Sénat, la chambre haute du Congrès des Etats-Unis. Contrairement à la France, les 100 sénateurs sont élus au suffrage universel direct. Pour garantir sa stabilité, le Sénat est renouvelé par tiers tous les deux ans. Chaque Etat élit deux sénateurs. Il n'y a aucune limitation de mandat, ce qui permet à certains sénateurs d'exercer très longtemps. Strom Thurmond a ainsi représenté la Caroline du Sud pendant 48 ans, jusqu'à l'age respectable de 100 ans. Ted Kennedy, lui, a été Sénateur du Massachusetts de 1962 à 2009.

Le Sénat dispose de pouvoir additionnels importants :

  • Il approuve les traités préalablement à leur ratification (mais il ne les ratifie pas lui-même, c'est le rôle du Président),
  • Il approuve ou refuse les nominations les plus importantes effectuées par le Président : membres du Cabinet, juges de la Cour Suprême, directeurs de la plupart des grandes agences fédérales comme le FBI ou la CIA. En celà, le Sénat sert de contre-pouvoir efficace au Président. C'est là encore une concession obtenue par les anti-fédéralistes au tout début du régime présidentiel en 1787.

Contrairement à la France, où le Sénat est plus perçu comme une assemblée de notables semi-retraités dont le fonctionnement ne brille pas par une grande transparence, le Sénat des Etats-Unis est, dans la carrière d'un politicien, souvent un tremplin pour prétendre à de plus hautes fonctions. Depuis la Seconde Guerre Mondiale, Obama, Nixon, Johnson, Kennedy et Truman ont tous été Sénateurs avant d'être élus présidents. De même, Joe Biden, avant de devenir vice-président, a été Sénateur du Delaware de 1973 à 2009.

Aux Etats-Unis, la fonction de Sénateur est médiatiquement très visible.

Le Capitole, l'aile de la Chambre des Représentants
Le Capitole, l'aile de la Chambre des Représentants

A la gauche du Capitole, l'aile sud abrite la Chambre des Représentants, ou chambre basse du Congrès des Etats-Unis. Là où le Sénat représente les Etats, la Chambre représente les populations. Chaque Etat est divisé en districts, l'équivalent de nos circonscriptions, et le nombre de districts par Etat est revu, à la hausse comme à la baisse, à la suite de chaque recensement, soit une fois tous les 10 ans.

Après le dernier recensement en date, en 2010, le Wyoming (564 000 habitants) dispose d'un Représentant, alors que la Californie (37 254 000 habitants) en a 53.

Un peu comme en France, il y aurait beaucoup à dire sur les redécoupages des districts électoraux, solution de facilité qui protège de fait les élus en assurant des réélections peu risquées. Là encore, il n'y a pas de limite de mandats, et certains Représentants servent parfois très longtemps. Le record de longévité est détenu par John Dingell, Représentant du Michigan, régulièrement réélu depuis près de 58 ans !

L'ensemble des Sénateurs et des Représentants constitue le Collège Electoral, dont les Grands Electeurs élisent de façon formelle le Président. Cette entorse au principe de démocratie directe date des débuts du régime présidentiel en 1787, où les anti-fédéralistes ont obtenu des Fédéralistes une concession destinée à assurer à chaque Etat un rôle dans l'élection du Président. Cette pratique, qui peut sembler désuète, ne change au fond pas grand-chose. Seuls trois Présidents ont été élus par le Collège Electoral avec moins de suffrages populaires que leur adversaire, Rutherford Hayes en 1876, Benjamin Harrison en 1888 et George W. Bush en 2000.

Washington, le bâtiment de la Cour Suprême
Le bâtiment de la Cour Suprême

Face au Sénat, de l'autre coté de First Street, se trouve le bâtiment de la Cour Suprême, la plus haute juridiction des Etats-Unis d'Amérique. Comme on le voit sur la photo, le bâtiment est actuellement en réfection. L'architecte de la restauration a eu l'excellente idée de reproduire le fronton du bâtiment d'origine sur la toile qui protège le chantier.

Contrairement à la France, où le pouvoir judiciaire suprême est réparti en une multitude d'instances sans réelle portée sur la vie quotidienne, la Cour Suprême concentre entre ses mains de multiples compétences. Elle juge sur la forme en instance d'appel, oriente et modifie la jurisprudence, et interprête la Constitution. Ses décisions sont souvent d'une grande portée sur la vie des citoyens.

Voici quelques décisions de la Cour Suprême ayant fait date :

La juridiction suprême n'est pas exempte de controverse. En 2000, c'est une décision de la Cour Suprême qui a mis fin au recomptage des bulletins de vote de l'Etat de Floride, accordant de fait l'élection Présidentielle à George W. Bush.

Washington, bâtiment de la Cour Suprême, statue de John Marshall
John Marshall, 4ème Président de la Cour Suprême

Sans trop y croire, je passe l'entrée du bâtiment sous les toiles de protection du chantier, Marie juste derrière moi y croyant encore moins. Un garde nous laisse passer sans réagir. Puis ce sont les détecteurs de métaux, l'inspection rapide de nos sacs à dos, et ... oui, ça y est, nous sommes bien à l'intérieur !

Je discute avec un responsable de la sécurité, qui répond à mon grand étonnement en m'expliquant combien il est important pour les Etats-Unis d'Amérique de préserver l'accès aux bâtiments officiels, d'abord pour montrer la bonne santé du système démocratique, et puis parce que sinon, les terroristes ont gagné, puisque leur but est précisément d'atteindre la démocratie dans ce qu'elle a de plus intime. Le responsable en question est citoyen américain, né à Taiwan.

Nous nous arrêtons quelques instants devant la statue de John Marshall. En-dehors du fait qu'il est le Président de la Cour Suprême ayant exercé le plus longtemps, 34 ans, de 1801 à 1835, c'est lui qui a donné, par son action, son véritable rôle à la Cour Suprême. C'est sous son impulsion qu'elle est véritablement devenue le Pouvoir Judiciaire, à égalité avec le Pouvoir Exécutif du Président et le Pouvoir Législatif du Congrès. Elle a gagné le droit de valider la constitutionnalité des lois avant ou après leur mise en application, de guider l'interprétation de la Constitution, et établi le principe de l'indépendance judiciaire.

Nous suivons une conférencière jusque dans la célèbre salle d'audience, où nous sommes assis sur les bancs du public, face à la longue table où siègent les neuf juges. Notre guide nous explique l'histoire et le fonctionnement de l'instance suprême du système judiciaire américain. Il ne faut pas beaucoup d'effort pour nous imaginer dans une audience réelle, face aux neuf Sages. Nous serions alors à moins de cinq mètres d'eux.

Bien entendu, il n'est pas possible de photographier à l'intérieur de la salle.

Nous sommes dans le Saint des Saints du Pouvoir Judiciaire des Etats-Unis d'Amérique.

Washington, la bibliothèque du Congrès, Jefferson Building
La bibliothèque du Congrès, bâtiment Jefferson

Après la visite autant inattendue qu'enrichissante de la Cour Suprême, nous retraversons la rue pour aller photographier la Bibliothèque du Congrès.

La Bibliothèque du Congrès a été établie en 1800 par John Adams, le second président de l'Union, mais c'est surtout son successeur, Thomas Jefferson, qui l'a développée, en lui léguant notamment une bonne partie de ses collections personnelles. A l'origine, elle est une base de documentation pour le Congrès, qui s'en servait pour préparer les lois. Elle a depuis développé bien d'autres rôles :

  • Conservation de tout document imprimé produit aux Etats-Unis : c'est un peu l'équivalent de notre Bibliothèque Nationale,
  • United States Copyright Office : enregistrement des brevets et des copyrights, équivalent de notre INPI (Institut National de la Propriété Industrielle),
  • Law Library of Congress : service d'information juridique,
  • Et elle abrite toujours le Congressional Research Service, une émanation de son métier d'origine.

La Bibliothèque du Congrès est composée de trois bâtiments :

Pour 147 millions de documents, dont 32 millions de livres et 64 millions de manuscrits, il faut bien ça.

Washington, l'institution Smithsonian
L'institution Smithsonian

Après la Bibliothèque du Congrès, nous avions l'intention d'aller visiter le Capitole. Mais les consignes de sécurité à l'entrée nous en dissuadent vite. En effet, il n'est pas possible d'introduire dans le bâtiment nourriture ou boisson. C'est très ennuyeux, nous avons nos casse-croûte et quelques bouteilles dans nos sacs à dos.

Tant pis, ce sera pour la prochaine fois.

Nous refaisons le tour du Capitole, côté sud cette fois, et rejoignons le Mall. Le temps ne s'est pas arrangé. Il n'y a presque plus d'ossements sur les pelouses. Nous profitons de notre passage pour prendre en photo l'Institution Smithsonian, qui gère la plupart des musées du Mall. Nous utiliserons ses services un peu plus tard dans la journée.

Nous savons déjà que nous ne visiterons pas le Washington Monument tout proche, en travaux. Après un arrêt devant une sandwicherie, c'est sous un déluge de proportions bibliques que nous traversons le parc de l'Ellipse, en direction de la Maison Blanche.

Washington, la Maison Blanche sous la pluie
La Maison Blanche sous la pluie

Nous sommes face à la pelouse Sud, celle sur laquelle donne le célèbre Bureau Ovale, occupé par le Président. Mais pas question d'apercevoir qui que ce soit. D'abord, il fait un temps immonde, et les vitres blindées font plusieurs centimètres d'épaisseur, pour déjouer toute tentative d'attentat.

Nous nous contentons donc de la vue des pelouses et des rosiers, magnifiques malgré la météo fort maussade.

En principe, la Maison Blanche se visite, mais il faut prendre rendez-vous longtemps à l'avance, par l'intermédiaire de son Représentant ou de son Sénateur pour les Américains, ou de son ambassade pour les autres nationalités. Vu la complexité des formalités, nous avons renoncé depuis longtemps.

La pluie tombe toujours. Nous cherchons un lieu abrité. Après une courte pause au visitor center du Washington Monument où nous achetons quelques cartes postales, nous nous décidons pour le Musée National de l'Air et de l'Espace, un des nombreux établissements du Mall gérés par l'Institution Smithsonian.

J'ai déjà visité ce musée deux fois, mais il réserve toujours des surprises, nous n'allons pas tarder à nous en convaincre.

Washington, musée de l'Air et de l'Espace, capsule Apollo 11
Musée de l'Air et de l'Espace, capsule Apollo 11

Comme tous les établissements gérés par l'Institution Smithsonian, l'entrée du Musée National de l'Air et de l'Espace est gratuite. Certaines activités à l'intérieur, comme le cinéma en 3D, sont payantes.

Dès le hall d'entrée, nous voyons la capsule Apollo 11, celle qui a emmené Armstrong, Aldrin et Collins vers la Lune en juillet 1969. Nous visitons ensuite toute une salle consacrée à la conquête spatiale. C'est passionnant. Mes souvenirs de gamin me reviennent instantanément en mémoire, en noir et blanc comme il se doit.

Washington, musée de l'Air et de l'Espace, cinéma Imax 3D, film Hubble 3D
Musée de l'Air et de l'Espace, ciméma Imax, film Hubble 3D

Nous allons ensuite voir un film consacré au télescope spatial Hubble et à ses découvertes. Le film, en 3D avec lunettes spéciales, est très spectaculaire, absolument superbe. Evidemment, la qualité des images de Hubble est remarquable.

On se souviendra que les début de Hubble ont été décevants. En effet, lors de son lancement, les précieuses lentilles optiques ont été faussées, et les premiers clichés étaient carrément flous. Une mission de la navette spatiale a été nécessaire pour corriger le défaut. Le film retrace cet épisode.

Par la suite, Hubble s'est bien rattrapé, et le spectacle de ce film est absolument magnifique.

Marie regrette le commentaire exclusivement en anglais.

Washington, musée de l'Air et de l'Espace, l'avion des frères Wright
L'avion des frères Wright

Une visite en règle de ce musée prend plusieurs heures, selon l'intérêt que l'on porte aux différentes salles.

Ici, dans l'exposition consacrée aux débuts de l'aviation, l'avion des frères Wright figure en bonne place. Comme on le voit sur la photo, le pilote était allongé, ce qui ne facilitait pas forcément la visibilité. A ma connaissance, c'est le seul avion à présenter cette caractéristique étonnante.

Le premier vol officiel de l'histoire de l'humanité a été réalisé le 17 décembre 1903 à Kitty Hawk, en Caroline du Nord. Les tentatives de Clément Ader de 1890 à 1897, bien que tout à fait dignes d'intérêt, ne sont en effet pas homologuées.

Washington, musée de l'Air et de l'Espace, le Spirit of Saint Louis, l'avion de Lindbergh
Le Spirit of Saint Louis, l'avion de Lindbergh

Nous passons ensuite un bon moment dans la grande galerie de l'étage, très riche en engins volants de toutes sortes.

Sur cette photo, on reconnait au premier plan le Spirit of Saint Louis, l'avion avec lequel Lindbergh a traversé l'Atlantique seul et sans escale en mai 1927.

Le petit avion orange au fond est le Bell X-1, premier aéronef piloté à passer officiellement le mur du son en vol horizontal. L'exploit a été réalisé par Chuck Yeager le 14 octobre 1947. Il est retracé au début du film "L'étoffe des Héros" ("The Right Stuff") consacré à la conquête de l'Espace. Le rôle de Yeager est tenu par Sam Shepard, le futur auteur de Motel Chronicles, qui n'a aucune relation avec l'astronaute Alan Shepard.

Entre les deux se trouve le Virgin Spaceship One, premier véhicule spatial piloté entièrement construit sur fonds privés. Il a atteint l'espace lors d'un vol suborbital le 4 octobre 2004.

La visite de la galerie se poursuit par quelques trésors. Il y a un avion sans pilote V-1 et une fusée V-2, le premier missile de l'histoire, saisis par les Américains aux Allemands à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

Washington, musée de l'Air et de l'Espace, le X-15
Le X-15

Plus loin sur la galerie, le X-15 est toujours là. Cet avion stratosphérique (mais, propulsé par un moteur-fusée, mérite-t-il encore le nom d'avion ?) avait été conçu par la NASA à la fin des années 50 pour défricher les terres totalement inconnues du vol stratosphérique, qui ne peut s'appuyer sur l'aérodynamique. il a aussi servi de banc d'essai pour les combinaisons de survie des astronautes, les commandes de vol à micro-fusées, l'étude des rayonnement spatiaux, et l'atterrisage en planant, qui sera repris bien plus tard sur la navette spatiale.

Pur avion de recherche et d'études, le North American X-15 a volé de 1959 à 1968, effectuant au total 199 missions. Son bilan en termes d'acquisition de connaissances techniques, tant civiles que militaires, est impressionnant.

Neil Armstrong, le premier homme sur la Lune, a été pilote de X-15.

Un peu plus loin dans la galerie principale, il y a un DC-3 suspendu au plafond.

Washington, musée de l'Air et de l'Espace, 2ème Guerre Mondiale, chasseur Mustang P-51D
2ème Guerre Mondiale, chasseur Mustang P-51D

La pluie, l'humidité et la climatisation ont eu raison de la motivation de Marie, qui s'assied en m'attendant. Je continue seul la visite du musée.

La salle consacrée aux chasseurs de la Seconde Guerre Mondiale est très complète, avec un avion par nationalité belligérante. J'ai mis la photo du North American Mustang P-51D non en raison de son origine américaine, mais tout simplement parce que, la salle étant un peu étriquée, j'ai eu du mal à trouver des angles à peu près corrects pour prendre des photos.

Devant chaque appareil, des panneaux décrivent l'armement emporté par l'avion, canons et mitrailleuses. A cette époque, il n'est pas encore question de roquettes auto-guidées.

Washington, musée de l'Air et de l'Espace, Grumman F4F Wildcat
Chasseur embarqué Grumman F4F Wildcat

Je visite ensuite la salle consacrée à l'Aéronavale de la Seconde Guerre Mondiale. La passerelle sur laquelle je prends la photo de ce Grumman F4F Wildcat reproduit celle d'un porte-avions de l'époque. Il y a même, dans la pénombre, une reconstitution d'un poste de commandement.

Notre visite du musée touche à sa fin. Il est temps de reprendre le métro et de rentrer, nous sommes attendus au terminus par la navette de l'hôtel. Au jeu des horaires et des correspondances, nous avons trop de chance. Nous avons presque immédiatement un métro direct. Du coup, nous allons attendre la navette une vingtaine de minutes.

Il s'est remis à pleuvoir et nous n'avons pas très envie de ressortir. Après une tentative infructueuse pour cause de fermeture définitive dans un restaurant indiqué dans un guide de l'hôtel, nous échouons de nouveau au Subway d'en face.

La bonne nouvelle, c'est qu'apparemment j'ai mis le doigt, un peu par hasard, sur le problème technique qui nous perturbait la connexion Wi-Fi depuis plusieurs jours. Je sais maintenant que Kasperky Internet Security ne peut pas mémoriser plus de 10 réseaux sans fil.

Malgré la pluie, très intense par moments, nous avons quand même marché 10 kilomètres.