Dimanche 26 mai 2013 - De New York à Boston

Skype, c'est pratique. En ce jour de fête des Mères, je peux parler à la mienne, malgré la distance.

Puis, une fois le petit déjeuner expédié, nous filons chez Hertz, tout près du World Trade Center, prendre possession de notre voiture. C'est une Chevrolet Malibu 2012 beige, pas d'une propreté extraordinaire. Hertz nous a habitués à nettement mieux.

One World Trade Center, New York
One World Trade Center par beau temps ... enfin !

Nous en profitons pour prendre quelques photos du One World Trade Center, enfin par beau temps. Les vitres reflètent le ciel bleu, cette tour est vraiment superbe.

Chevrolet Malibu
Chevrolet Malibu, notre voiture pour 3 semaines

Après avoir récupéré nos bagages, que nous avions laissés à l'hôtel le temps d'aller chercher la voiture, nous partons, direction le nord de Manhattan. Nous passons devant la cathédrale Saint John the Divine, la plus grande cathédrale d'Amérique du Nord, puis derrière le campus de l'Université de Columbia.

Apollo Theater, 125ème Rue, Harlem
Apollo Theater, haut-lieu de la culture afro-américaine, 125ème rue, Harlem

Nous sommes maintenant en plein coeur de Harlem, très animé en ce jour de marché. Nous nous arrêtons devant le célèbre Apollo Theater, où tant d'artistes afro-américains se sont produits, de Duke Ellington à Chaka Khan, en passant par James Brown et bien d'autres.

Yankee Stadium, New York
Yankee Stadium, New York

Nous quittons Harlem par la 7ème Avenue, qui s'appelle ici Adam Clayton Powell Boulevard (rien à voir avec le bassiste de U2, il s'agit du représentant de Harlem élu en 1945), et qui est à double sens. Juste après avoir traversé la Harlem River, nous passons tout près du Yankee Stadium, qui abrite la célèbre équipe de baseball éponyme.

Nous quittons New York en traversant le Bronx. Nous avons maintenant quelques heures d'autoroute jusqu'à Plimoth Plantation, à une soixantaine de kilomètres de Boston.

Maquette du Mayflower II
Maquette du Mayflower II

Plimoth Plantation est un musée vivant, reconstitution d'un village indien et d'un village anglais voisin, peuplés d'acteurs jouant sérieusement leur rôle. Les indiens comme les anglais portent les costumes de 1627. Les indiens sont, pour la plupart, de véritables Wampanoag, l'ethnie locale. Les anglais vont jusqu'à imiter l'accent du 17ème siècle !

Le visitor center mérite une visite, pour ses riches collections d'objets traditionnels des habitants de la région. Les films présentés dans les deux salles de projection montrent l'histoire des Amérindiens et des premiers colons de la région. Ils sont aussi dignes d'intérêt.

En arrivant, nous apprenons que nous ne pourrons pas visiter la reconstitution du Mayflower de 1620. En effet, le Mayflower II est en cours de restauration dans un chantier naval spécialisé de la région. Nous devons nous contenter d'une maquette dans une vitrine.

Wampanoag Homesite, Plimoth Plantation, fabrication des pirogues
Village indien, la fabrication des pirogues

Nous commençons par le village indien, Wampanoag Homesite, qui abritait la famille étendue d'un chef local de la tribu Pokanoket, Hobbamock. Il s'agit d'un groupe d'une demie-douzaine de maisons. Le groupe vivait de la pêche (nous sommes au bord d'une large rivière, et tout proches de l'océan Atlantique), d'un peu de chasse, de cueillette et de quelques cultures. Les indigènes appelaient leur groupe Patuxet. Ce sont les premiers colons européens qui ont appelé l'endroit Plimoth.

Nous regardons attentivement la fabrication des pirogues, à partir d'un tronc d'arbre. On découpe l'arbre dans le sens de la longueur, on brûle lentement l'intérieur, tout en creusant petit à petit les parties brûlées. La fabrication d'une bonne pirogue prend une quarantaine de jours.

Wampanoag Homesite, Plimoth Plantation, maison indienne traditionnelle
Maison indienne traditionnelle

Les maisons traditionnelles des amérindiens du village ont toutes cette forme de tortue. Il s'agit d'une charpente en branchages recouverte de grandes plaques d'écorce, qui en assurent l'étanchéité.

Wampanoag Homesite, Plimoth Plantation, intérieur de la maison indienne
Intérieur de la maison indienne traditionnelle

La forme oblongue caractéristique de la maison Wampanoag assure une déperdition de chaleur réduite au minimum, indispensable compte tenu des hivers rigoureux de la région. Toute la famille dort sur les couchettes que l'on voit sur les côtés de la maison, regroupée au plus près du feu de bois au centre.

Bien entendu, cette maison est construite sans aucun élément métallique, ni aucune attache autre que les liens tissés que l'on voit dans la charpente. C'est en quelque sorte du développement durable avant l'heure. C'est surtout facile à réparer avec les matériaux locaux.

Wampanoag Homesite, Plimoth Plantation, fabrication des galettes de maïs
Village indien, fabrication des galettes de maïs

Les indiens Wampanoag cultivaient un peu de maïs. Ils broyaient les grains dans les pots que l'ont voit à gauche de la photo, puis, avec la farine et un peu d'eau, fabriquaient des galettes fort nourrissantes. Ils avaient aussi maîtrisé la poterie.

Wampanoag Homesite, Plimoth Plantation, cultures
Village indien, cultures traditionnelles

Les Wampanoag avaient aussi tout compris de l'arrangement des cultures. Sur une petite parcelle comme celle de la photo, ils cultivaient le maïs et plusieurs autres plantes, chacune participant à un subtil équilibre dans l'utilisation de l'eau, de l'ensoleillement et des ressources du sol.

PLimoth Plantation, village anglais, maison de bois
Village anglais, maison en bois

Après avoir visité le village amérindien, nous longeons la Rivière des Anguilles (je présume que son nom correspond à ce qu'on y pêchait), et nous arrivons au village des colons européens. Même si l'histoire a reconnu le rôle prépondérant des Anglais, de nombreux Hollandais s'étaient aussi établis dans la région au 17ème siècle.

Lorsqu'ils arrivaient, les colons devaient tout construire, à commencer par leurs maisons. A la différence des amérindiens, les colons disposaient d'outils et avaient maîtrisé la métallurgie. Leurs maisons comportent donc des clous et les portes tiennent sur des gonds.

Plimoth Plantation, village anglais, séchage du bois
Village anglais, séchage du bois

Ce tas de bois a une forme circulaire caractéristique, qui permet de conserver au mieux le bois. Seule la rangée supérieure est véritablement exposée aux intempéries, et les interstices entre les bûches assurent la ventilation interne de l'empilement.

Plimoth Plantation, village anglais, jardin potager
Village anglais, jardin potager

Les colons avaient aussi apporté des plantes, qu'ils ont mises en culture dès leur arrivée dans de potagers comme celui-ci.

Plimoth Plantation, village anglais, intérieur d'une maison
Village anglais, intérieur d'une maison d'une pièce

Les maisons les plus simples comportent une pièce unique, qui sert, entre autres, de chambre à coucher. Le lit n'est séparé du reste de la maison que par un rideau.

Au début, les meubles sont importés. Rapidement, des ébénistes en fabriqueront sur place.

Plimoth Plantation, village anglais, fermière en costume de 1627
Village anglais, fermière en costume de 1627

La fermière de cette photo travaille son potager traditionnel avec des outils traditionnels, et porte un costume non moins traditionnel. La reconstitution de la vie locale des Pèlerins de 1627 semble très fidèle.

Au fait, pourquoi les appelait-on les Pèlerins ? Tout d'abord, parce qu'ils étaient souvent guidés par des pasteurs protestants, notamment pour tenter d'évangéliser les indigènes. Et puis, il fallait sans doute avoir la foi, pour affronter les conditions souvent hostiles d'un environnement inconnu. Combien de famines ont-ils subi, avant le premier Thanksgiving partagé avec les amérindiens, suite à une récolte particulièrement abondante ?

Plimoth Plantation, village anglais, bétail
Village anglais, bétail

Les premiers colons ont aussi importé du bétail, qui a pu se nourrir et se reproduire sur place. Ils étaient donc à la fois chasseurs, pêcheurs, éleveurs, cultivateurs et artisans.

Plimoth Plantation, village anglais, fours à pain
Village anglais, les fours à pain

Avec les céréales qu'ils avaient mises en culture dès leur arrivée, ils fabriquaient du pain dans ces fours à bois.

Plimoth Plantation, village anglais, berceau
Village anglais, berceau

Nous visitons ensuite une maison plus cossue, à n'en pas douter celle d'un homme riche. Elle a un étage complet, qui sert de grenier et de rangement. Les meubles sont plus ouvragés et visiblement de meilleure facture que ce que nous avions vu précédemment.

C'est aussi la première maison où nous voyons un berceau.

Plimoth Plantation, village anglais, intérieur d'une maison un peu plus cossue
Village anglais, intérieur d'une maison un peu plus cossue

Cette maison est nettement plus grande que les précédentes et comporte plusieurs pièces, pour loger tous les membres de la famille étendue.

On voit que la table est recouverte d'un tapis. A cette époque, les sols sont encore en terre battue, et les tapis servent avant tout de nappe. Ce n'est que bien plus tard qu'on les posera sur le sol.

Plimoth Plantation, village anglais, acteur en costume de 1627
Village anglais, acteur en costume de 1627

Je ne résiste pas à discuter un bon moment avec le guide de cette maison. Cet acteur prend son rôle très au sérieux, tout en faisant preuve d'un humour que je goûte comme un cadeau. Il va jusqu'à parler avec l'accent anglais du 17ème siècle. Quel talent !

Il décrit la maison, ses habitants, les meubles, les objets, avec un luxe de détails. La plupart des informations de ces paragraphes sont reprises de son discours.

Plimoth Plantation, le village anglais vu du fort
Plimoth Plantation, le village anglais vu du fort

Nous avons atteint le haut du village anglais. En toute logique, c'est là qu'on y a construit le fort qui est censé protéger la petite colonie. Ce bâtiment sert à la fois d'église au rez-de-chaussée, de lieu de réunion et de poste de défense à l'étage.

Les bâtiments de cette époque étaient souvent multi-usages.

Plimoth Plantation, village anglais, le fort
Plimoth Plantation, le fort

A l'étage, effectivement, quelques canons assurent la protection du village. Comme on le voit sur la photo, des ouvertures dans les cloisons de bois, protégées par des trappes, permettent d'utiliser les canons sans trop exposer leurs servants.

Bien entendu, si les assaillants potentiels avaient eux aussi été équipés de canons, j'aurais eu de sérieux doutes sur l'intérêt militaire réel de ce fort. Mais ils n'avaient que des arcs et des flèches.

Après la visite de Plimoth Plantation, nous explorons le parking à la recherche de plaques d'immatriculation, puis nous reprenons la route jusqu'à Quincy, une ville toute proche de Boston, que nous allons visiter pendant presque trois jours.

Nous avons peu marché, finalement, aujourd'hui. Le podomètre ne nous avoue que 4 kilomètres.