Dimanche 15 août 2010 - Calico, Death Valley

Il est temps de quitter Los Angeles. Après un dernier achat, nous prenons l'autoroute vers l'est, puis ce sont les San Bernardino Mountains et le désert Mojave. Nous sommes sur l'Interstate 15, que nous allons croiser et suivre jusqu'après Salt Lake City. Accessoirement, la Route 66 passait ici même, avant de devenir une autoroute.

Nous refaisons le plein à l'entrée de Barstow puis nous arrivons à Calico, une ville fantôme au milieu du désert.

Calico, entrée principale
La ville fantôme de Calico

Par rapport à ma première visite, le site a été agrandi, aménagé, certaines maisons restaurées, et le sens du commerce légendaire des américains y a trouvé son compte. Il y a à peu près une moitié de boutiques actives et une autre moitié de constructions historiques, dont on visite une bonne partie. Et l'accès est bien sûr devenu payant.

Calico, tableau de la population Cette ville a manifestement connu des jours meilleurs

Calico, c'est le site d'anciennes mines d'argent. Il y en avait un peu partout sur les collines environnantes, parfois de simples trous dans la roche, souvent non étayés (je vous laisse imaginer l'effrayante mortalité parmi les mineurs pressés ...), parfois des galeries mieux équipées, avec renforts de traverses en bois, éclairage par lampes à huile et chemin de fer pour évacuer le minerai. Lorsque la dégringolade du cours de l'argent a ôté tout intérêt à son extraction, la population est partie ailleurs, et Calico a bien failli mourir. Ce n'est qu'avec l'arrivée du borax, un cristal de bore qui sert de base à la fabrication de détergents, qu'un peu d'activité est revenue dans la région, et bien sûr avec le tourisme, à partir des années 80.

Calico, caserne des pompiers
Et l'eau, ils allaient la chercher où ?

Toutes les maisons étant en bois, une caserne de pompiers était évidemment nécessaire. L'histoire ne dit pas où ils allaient chercher l'eau.

Nous visiterons aussi l'Assay Office, le bureau dans lequel un expert calculait le coefficient de pureté des minerais, déterminant leur valeur commerciale. Nous verrons aussi un hôtel restauré, le tribunal, quelques maisons et le magasin général. Calico, c'est la ville du Far-West telle qu'on l'imagine dans les westerns.

Calico, tombe et épitaphe Une épitaphe qui ne manque pas d'à-propos

Et comme dans tout western qui se respecte, il y a des tombes dont les inscriptions ne manquent pas d'humour. Celle-ci dit, en gros, "Ci-gît Harry Boileau, ce qu'il ne fit jamais. Né en 1850, mis en conserve en 1885. Buvez à ma santé, les gars".

Nous empruntons le petit train, qui décrit une courte boucle autour de la colline. C'est là que nous voyons les tunnels de mine les plus dangereux, totalement non sécurisés, et judicieusement maintenus hors d'accès des touristes.

Calico, hôtel Un des hôtels de Calico

Cet hotel plus ou moins restauré n'est pas ouvert au public. Nous en visiterons un autre, un peu plus bas, qui devait être nettement plus coté, puisqu'il avait même une baignoire ! Seule la galerie d'art au rez-de-chaussée est accessible.

J'irai aussi visiter une galerie de mine reconstituée, avec des représentations de la vie des mineurs, dont certains dormaient sur place, pour qu'on ne leur pique pas leur précieux minerai.

Calico, vue panoramique
La ville, vue d'en haut

Calico est à flanc de colline. D'en haut de la ville, la vue sur le désert Mojave est agréable.

A propos de désert, si vous y allez, n'oubliez pas de vous munir de très grandes quantités d'eau. On se déshydrate très vite, et il faut boire à peu près deux fois plus qu'en ville. Bien sûr, on peut acheter de l'eau un peu partout.

Calico, outils des mineurs Les outils des mineurs

Nous voyons aussi ce bric-à-brac, qui est en fait ce qui reste des outils dont se servaient les mineurs. Comme le vent ne manque pas, il y avait même des éoliennes.

Calico, magasin général et bureau du shériff Le magasin général et le bureau du shériff

En face, nous voyons le magasin général authentique (il y en a un autre, nettement plus grand et nettement moins authentique, qui sert de vraie boutique) et le bureau du shériff. Il y avait même une prison, avec une seule cellule.

Puis nous pique-niquons à l'ombre (il doit faire 40 et quelques degrés ...) et reprenons notre route.

CA-127, entre Baker et la Vallée de la Mort Entre Baker et Death Valley

A Baker, nous quittons l'Interstate pour une route à deux voies superbe, très roulante. Le paysage est magnifique, avec des rochers très colorés, en fonction des oxydes métalliques qu'ils contiennent. Nous verrons d'ailleurs plusieurs mines.

Descente vers la Vallée de la Mort Descente vers la vallée

Nous entrons dans le parc national de Death Valley par Shoshone, c'est à dire l'accès le plus au sud. J'ai modifié notre itinéraire le matin même, pour privilégier la route du fond de la vallée, qui passe par de nombreux sites inaccessibles autrement. Après un col à 1000 m, nous commençons la descente vers la vallée. Contrairement aux autres parcs, ici pas de contrôle à l'entrée. Le visitor center se trouve beaucoup plus loin, vers le centre du parc.

Le parc de Death Valley, c'est grand comme à peu près trois départements français. De l'entrée par Shoshone à Furnace Creek, le centre gréographique, il y a 110 km, heureusement ponctués de nombreux arrêts, tous plus photogéniques les uns que les autres. J'avoue avoir eu beaucoup de mal à sélectionner les photos.

Vallée de la Mort, la fonderie d'Ashford Mill
Tout ce qu'il reste de la fonderie d'Ashford Mill

Au début du siècle dernier, on avait même trouvé de l'or, à Death Valley, et construit un atelier pour fondre le minerai et en extraire l'or. Je vous laisse imaginer l'inconfort de travailler dans une fonderie au milieu d'un désert déjà très chaud.

La soi-disant ruée vers l'Or de Death Valley n'a duré que quelques années.

Vallée de la Mort, Ashford Mill, lézard
Même dans ce milieu hostile, les animaux s'adaptent

Toujours à Ashford Mill, où nous ne sommes pas particulièrement bousculés par les touristes, nous voyons ce petit lézard. En dépit des apparences désertiques, oui, il y a de la vie à Death Valley.

Vallée de la Mort, entre Ashford Mill et Badwater
La route du bas, entre Ashford Mill et Badwater

Puis nous reprenons notre route, par une chaleur approchant les 120°F, soit 49°C, et un vent assez fort, et brûlant. Comment le bitume arrive à ne pas fondre, je n'en sais rien, mais la route est dans un état irréprochable.

Vallée de la Mort, Badwater, mare d'eau salée
Un peu d'eau au milieu du lac de sel de Badwater

Nous arrivons à Badwater, que les panneaux présentent comme l'endroit le plus bas de l'hémisphère occidental. Comme son nom l'indique plus ou moins, il s'agit d'un lac salé qui s'étend sur environ 520 km², dans lequel percent çà et là quelques mares d'eau totalement insalubre ... sauf pour les petits vers qui en ont fait leur habitat. Qu'un écosystème complet arrive à se maintenir dans un milieu aussi hostile, c'est pour nous tout à fait inattendu.

Assez haut sur la montagne de l'autre côté de la route, un panneau indique le niveau de la mer. Nous sommes ici à presque -86 m. Mon GPS a déclaré forfait, il ne sait pas afficher d'"altidudes" inférieures à 0.

Vallée de la Mort, la Route des Artistes
Artists Drive et ses rochers colorés

Un peu plus loin, nous faisons un détour par Artists Drive, une route assez étroite, heureusement à sens unique, bordée de rocs colorés. C'est superbe, et ça vaut très franchement le détour, surtout l'arrêt à Artists Palette, qu'on voit sur la photo, et qui montre tout un tas de nuances pastel.

Vallée de la Mort, Furnace Creek, coucher de soleilCoucher de soleil à Furnace Creek

Puis nous arrivons enfin à Furnace Creek, au centre du parc, qui regroupe l'essentiel des moyens : hébergement, station-service, restaurants, visitor center et même un terrain de golf et un aérodrome !

C'est l'un des rares parcs où nous allons dormir sur place, au Furnace Creek Ranch. Fort heureusement, nous avons réservé (et payé !) il y a six mois. A la piscine de l'hôtel, nous constatons, non sans un certain étonnement quand même, que la température de l'eau est supérieure à notre température corporelle. Puis, après avoir photographié le coucher de soleil, nous allons dîner dans un restaurant de grillades.

Depuis 2018, le Furnace Creek Ranch a changé de nom. Il s'appelle maintenant The Ranch at Death Valley.

Il fait toujours aussi chaud dehors lorsque nous rentrons nous coucher.