Lundi 9 août 2010 - De San Francisco à Mariposa

En entrant chez Hertz, nous constatons que nous ne sommes pas les seuls touristes venus récupérer un véhicule. Le service semble un peu pris au dépourvu. Qu'à cela ne tienne, je reste à l'agence, pendant que Marie retourne à l'hôtel récupérer ados et bagages. On nous attribue une Ford Fusion 2010 blanche toute neuve et fort bien équipée. Il ne nous reste plus qu'à charger les bagages, et heureusement que le coffre est grand, parce que nous avons huit sacs plus ou moins encombrants. Par la suite, nous chargerons toujours les sacs dans un ordre et à un emplacement bien précis dans le coffre ... parce que nous sommes sûrs que, comme ça, tout tient sans problème. Oui, enfin ça rentre un peu au chausse-pieds quand même !

Je suis agréablement surpris par la faible circulation dans San Francisco. Il fait toujours gris, et à peine plus chaud que la veille. Pour rejoindre la Silicon Valley, l'itinéraire du haut, par la Junipero Sierra Freeway, bordée de banlieues résidentielles, de forêts et de lacs artificiels, est bien plus agréable que celui du bas, par la 101, une succession de zones industrielles et commerciales à perte de vue. La faille de San Andreas court au milieu des arbres, parallèlement à la ligne de crête, à quelques centaines de mètres à peine de l'autoroute. Comme nous sommes quatre dans la voiture, je peux emprunter sans hésiter la voie de gauche, réservée au co-voiturage.

Nous avons roulé moins d'un quart d'heure lorsque le soleil fait son apparition. On vous le disait, la proverbiale grisaille de San Francisco, c'est très local. Déjà la température a grimpé d'une bonne quinzaine de degrés. Maintenant, c'est le temps qu'on attribue généralement à la Californie. Exactement comme dans les films !

Nous quittons l'autoroute et redescendons vers la baie, passant devant le siège d'HP. A force d'agrandir, ils occupent maintenant les deux côtés de Page Mill Road. Dommage que nous ayons perdu autant de temps chez Hertz, j'aurais bien voulu faire un détour par le célèbre garage, d'où toute la Silicon Valley est partie en 1939, mais nous sommes attendus.

Palo Alto, déjeuner sur la terrasse
Déjeuner sur la terrasse

Laura et Joel habitent une demeure typiquement californienne, de plain-pied. Un des linteaux, entre le séjour et la salle à manger, est renforcé. C'est là qu'ils sont censés se mettre à l'abri en cas de tremblement de terre. Il y en a plusieurs par an, et il ne faut pas oublier que nous ne sommes qu'à cinq minutes de voiture de la faille de San Andreas.

Après avoir rapidement visité la maison, nous déjeunons sur la terrasse, de produits biologiques locaux. Laura a absolument raison de nous faire apprécier les délices du terroir, tout est succulent : consommé de tomates froid, blancs de poulet, épinards en salade. Puis, les bras de certains d'entre nous devenant tout rouges, nous rentrons pour prendre le dessert, que nous accompagnons d'un verre (un seul, il y a de la route !) d'un cabernet blanc bien frais. Je m'essaye à quelques jeux de mots en anglais, puis nous quittons Laura et reprenons l'autoroute 101.

Nous refaisons le plein à Morgan Hill. Ca nous surprend toujours un peu, nous français, mais ici, les stations-service sont toujours à l'écart de l'autoroute. Après Gilroy, où nous avons quitté la 101, notre route traverse une bonne partie du centre de la Californie, une première chaine de montagnes moyennes (la seconde, en fait, si on compte depuis le Pacifique), puis une large plaine agricole et maraîchère, selon l'irrigation, puis les premiers contreforts de la montagne proprement dite.

Nous sommes arrivés à Mariposa, une de portes d'entrée du parc national de Yosemite. Nous allons au Miners Inn, où notre réservation a bien été prise en compte (ouf !), puis nous prenons un bain mérité dans la piscine agréablement fraîche.

Ford Fusion 2010
Ford Fusion 2010, notre voiture pendant trois semaines

Nous allons faire les courses au supermarché d'en face. Lorsque nous en sortons, le soleil a déjà commencé à baisser. Ici, pour cause de latitude bien plus proche du tropique, l'amplitude entre l'hiver et l'été est plus faible qu'en France et, de ce fait, les jours un peu plus courts en août.

Mariposa, Miners Inn
Le Miners Inn, notre hôtel à Mariposa

Nous allons d'ailleurs souvent pique-niquer au cours de ce voyage, que ce soit dans les chambres d'hôtel, au bord des routes ou dans les parcs. Pour des raisons économiques ? Pas seulement. C'est aussi pour être en contact avec cette Amérique profonde, celle des supermarchés et des rencontres impromptues.